login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13627
Sommaire Publication complète Par article 21 / 34
INSTITUTIONNEL / Ppe

Le tandem Montserrat-Weber prêt à œuvrer pour faire prévaloir les idées chrétiennes-démocrates en Europe

Seule candidate au poste de Secrétaire général du 'Parti populaire européen' (PPE), l'Espagnole Dolors Montserrat s'est dite convaincue, jeudi 24 avril, d'être en mesure de former « un tandem robuste » avec l'Allemand Manfred Weber, le président sortant du PPE également candidat à un nouveau mandat. Tous deux devraient être élus lors du congrès de la famille chrétienne-démocrate européenne, qui se tiendra à Valence les 29 et 30 avril.

L'eurodéputée, qui préside la délégation du Partido Popular au sein du groupe PPE au Parlement européen, mène campagne en interne pour s'assurer d'un large soutien et devenir la première femme à accéder à cette fonction en remplacement du grec Thanasis Bakolas. Se décrivant, devant quelques journalistes, comme une personne capable de « jouer en équipe », elle a qualifié la nature de son futur rôle comme « politique » et pas bureaucratique.

Avec treize membres au Conseil européen, le PPE veut continuer à être la première force politique en Europe et se projeter au-delà du continent pour former des alliances avec des partis politiques apparentés, notamment en Amérique latine.

Mme Montserrat a cité plusieurs thèmes de fond qui guideront la conduite des chrétiens-démocrates : - la défense de l'État de droit, pas uniquement en Hongrie ; - le soutien inébranlable à l'Ukraine ; - l'accroissement des dépenses militaires « pour investir dans la paix » ; - le soutien à la compétitivité économique à travers une simplification des règles européennes et en transformant les tensions commerciales initiées par l'administration américaine en opportunités pour chercher de nouveaux débouchés ailleurs dans le monde ; - la protection des frontières de l'Union européenne contre l'immigration illégale.

Ces lignes politiques sont les mêmes que celles défendues par M. Weber. Pour ce dernier, le réarmement annoncé de l'Europe pose néanmoins des questions géostratégiques auxquelles le débat politique actuel ne répond pas suffisamment. Le Bavarois est aussi d'avis que l'initiative 'ReArm Europe' constitue un bon point de départ, mais ne répondra pas à elle seule aux énormes besoins budgétaires. M. Weber n'est donc pas opposé à la création d'instruments hors des traités européens, si nécessaire. Les négociations sur le cadre financier pluriannuel post-2027 constitueront un moment de vérité.

Interrogée sur l'ambiguïté qu'entretient le groupe PPE au sein du Parlement européen dans la constitution des majorités en fonction des dossiers traités, Mme Montserrat a estimé que sa famille politique agissait pour donner corps à son programme arrêté lors du congrès de Bucarest en mars 2024 (EUROPE 13366/1), « sans jamais regarder à gauche ni à droite ». Si d'autres formations veulent nous rejoindre, nous pouvons discuter, mais « nous ne franchirons pas nos lignes rouges », a-t-elle appuyé.

Mme Montserrat a critiqué plusieurs fois le groupe social-démocrate pour son indécision en ce début de mandat législatif, notamment sur le dossier de la simplification réglementaire. Elle a eu des mots durs envers les socialistes espagnols, comme la commissaire européenne à la Transition propre, Teresa Ribera, ancienne ministre de l'Écologie du gouvernement de Pedro Sánchez, qu'elle a accusée de ne s'être jamais rendue à Valence après les inondations tragiques de l'automne dernier ayant tué 228 personnes. Mme Ribera, a-t-elle ajouté, aurait dû démissionner de son poste ministériel avant de faire campagne à l'échelon européen, comme les socialistes l'avaient demandé à l'époque à l'ancien commissaire européen Miguel Arias Cañete.

En novembre, la délégation espagnole du groupe PPE avait tenté, en vain, de faire dérailler la candidature de Mme Ribera lors des auditions publiques au PE (EUROPE 13522/1).

À Valence, plusieurs associations de sinistrés des inondations attendent de pied ferme les dirigeants du PPE. Certaines ont même écrit à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour lui demander que justice soit faite, accusant le président de la Communauté de Valence, Carlos Mazón, issu des rangs du Partido Popular de nier toute responsabilité dans les défaillances relevées en matière de prévention de la catastrophe naturelle et d'intervention des secours.

Les sinistrés demandent à l'ancienne 'Spitzenkandidat' du PPE lors des élections européennes de juin 2024 de faciliter l'acheminement de l'aide financière européenne pour la reconstruction des logements et le redémarrage des entreprises. Mme von der Leyen est aussi invitée à faire preuve de fermeté contre « le déni climatique » de gouvernements régionaux, qui met des vies en péril, et à surveiller le respect par les entités nationales et locales des règles européennes en matière de prévention et de gestion des risques climatiques.

Voir la lettre des associations de sinistrés : https://aeur.eu/f/giu

Lors du congrès du PPE, les délégués éliront également leur trésorier en la personne du Français François-Xavier Bellamy. Dix vice-présidents seront aussi élus parmi les douze candidats suivants : le Finlandais Petteri Orpo, le Portugais Paulo Rangel, la Croate Dubravka Šuica, l'Italien Antonio Tajani, le Belge Wouter Beke, l'Autrichien Magnus Brunner, la Bulgare Mariya Gabriel, le Polonais Andrzej Halicki, le Grec Kostis Hatzidakis, l'Allemand David McAllister, l'Irlandaise Mairead McGuinness et le Roumain Siegfried Mureșan. (Mathieu Bion)

Sommaire

POLITIQUES SECTORIELLES
SÉCURITÉ - DÉFENSE
ACTION EXTÉRIEURE
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
INSTITUTIONNEL
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ
ÉDUCATION - JEUNESSE - CULTURE - SPORT
CONSEIL DE L'EUROPE
BRÈVES