Les lobbyistes de l'entreprise chinoise Huawei, accusée depuis la sortie de l'enquête du média Follow The Money d'être à l'origine d'une affaire de corruption impliquant plusieurs députés européens (EUROPE 13599/8), ont été interdits d'accès au Parlement européen, a annoncé un porte-parole de l'institution de l'UE, vendredi 14 mars.
« Le Parlement a décidé, à titre de mesure de précaution, de suspendre l'accès [à l'institution] aux représentants attachés à la société Huawei avec effet immédiat », a-t-il été confirmé à Agence Europe.
Aucun eurodéputé n’a été interpellé dans l’opération de police menée jeudi, mais plusieurs d'entre eux sont dans le collimateur des autorités belges. Deux assitants ont cependant vu leurs bureaux être perquisionnés, selon le média Politico.
Le Parlement européen, de son côté, a dit « prendre acte » de la nouvelle enquête et être prêt à « coopérer pleinement », si la justice belge le sollicite.
La Française Manon Aubry (La Gauche) a déclaré sur X que cette affaire était « le résultat de l'inaction du Parlement contre la corruption malgré [les] alertes ». Elle a également réclamé la tenue d'un débat lors de la prochaine session plénière du PE, fin mars.
Se pose également la question du retard dans la mise en place du comité éthique européen, dont l'instauration a été agréée en mai 2024, et qui sera chargé d'élaborer des normes communes en matière d'éthique et d'intégrité de la vie publique au niveau européen (EUROPE 13400/21). (Isalia Stieffatre)