Les ministres de l’Intérieur de l’UE ont approuvé, mercredi 5 mars à Bruxelles, le lancement progressif du système 'Entrée/Sortie' de l’UE, qui devrait commencer à se déployer en octobre (EUROPE 13539/9).
Ce nouveau système numérique de gestion des frontières « permettra de mieux protéger notre territoire et de lutter contre les fraudes à l’identité », a commenté notamment Tomasz Siemoniak, le ministre polonais de l'Intérieur et de l'Administration, lors de la brève session publique sur le sujet.
L'EES est un système informatique qui enregistrera numériquement les entrées et les sorties, les données du passeport, les empreintes digitales et les images faciales des ressortissants de pays tiers voyageant pour de courts séjours dans un État membre de l'UE.
Tous les États membres devront commencer à mettre en œuvre l'EES en octobre et le système devra être entièrement opérationnel, au terme d'une période de transition, six mois plus tard.
Dans le cadre du déploiement progressif, les États membres commenceront progressivement à exploiter l'EES et s'efforceront d'atteindre un enregistrement minimum de 10% des passages aux frontières après le premier mois. Pendant les 60 premiers jours, les États membres pourront faire fonctionner l’EES sans fonctionnalités biométriques. Après trois mois, les États membres devront le faire fonctionner avec des fonctionnalités biométriques à au moins la moitié de leurs points de passage frontaliers. Les pays de l’UE devraient parvenir à un enregistrement complet de toutes les personnes d’ici la fin de la période de démarrage progressif.
Jusqu’à la fin de cette période, ils continueront également à tamponner manuellement les documents de voyage.
Le règlement permet néanmoins aux États membres qui le souhaitent de commencer à exploiter pleinement le système dès le premier jour.
L'EES, piloté notamment au niveau central par l'agence eu-LISA, permettra aux États membres de l’UE un accès en temps réel aux données personnelles des ressortissants de pays tiers, à leur historique de voyage et à des informations sur le respect de la durée de séjour autorisée dans l’espace Schengen. Il doit ainsi réduire le risque de fraude à l’identité et de dépassement de la durée de séjour autorisée et renforcer la sécurité de l’espace Schengen.
Le PE doit encore approuver lui aussi ce projet de règlement.
Système d’autorisation britannique. Les ressortissants européens devront désormais demander, à partir du 5 mars, un permis de voyage numérique pour entrer au Royaume-Uni, dans le cadre de la dernière mesure prise par la Grande-Bretagne pour numériser ses frontières, a rapporté l’AFP.
Le système d'autorisation de voyage électronique (ETA) - similaire au système ESTA aux États-Unis et au futur ETIAS européen (retardé du fait du report du EES, NdlR) - sera obligatoire pour les visiteurs européens à partir d'avril, après son déploiement pour les ressortissants américains, canadiens et autres, exemptés de visa en janvier.
À partir de ce 5 mars, les ressortissants européens peuvent déjà demander le laissez-passer préalable au voyage pour de courtes visites en Grande-Bretagne. La demande d'ETA coûte actuellement 10 £ (12 euros), mais devrait passer à 16 £. Elle permet des visites d'une durée maximale de six mois et est valable deux ans.
Lien vers l'orientation générale : https://aeur.eu/f/fqf (Solenn Paulic)