Le Conseil européen exceptionnel du jeudi 6 mars sera l’occasion, pour les dirigeants des vingt-sept États membres de l’UE, d’envoyer à la fois un message de soutien à l’Ukraine et de rappeler la position européenne sur les conditions pour la paix. Si les deux sujets principaux de la réunion – défense et Ukraine – sont loin d’être nouveaux, les derniers développements entre les États-Unis et l'Ukraine y ajoutent de l'urgence. Plusieurs délégations parlent aussi d’un « moment de consolidation de l’unité européenne ». Sur le sujet de la guerre en Ukraine, les dirigeants veulent commencer à préparer le terrain pour les garanties de sécurité à Kiev après la guerre. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, sera présent à Bruxelles pour leur faire part des besoins de son pays.
Mercredi 5 mars, les membres du Comité des représentants permanents des États membres auprès de l’UE (‘Coreper’) se sont rejoints sur le projet de conclusions relatif à l’Ukraine, à une exception près. La Hongrie ne soutient pas le langage autour du soutien à Kiev et entend mettre son veto pour l’adoption des conclusions.
La cause n’est pas encore perdue, selon plusieurs sources européennes, qui espèrent que la position hongroise évoluera d’ici jeudi soir et qu’un message à 27 sera possible. Le président du Conseil européen António Costa y travaille, mais aussi le président français, Emmanuel Macron, qui a reçu le Premier ministre hongrois à Paris mercredi 5 mars.
Garanties de sécurité. Hongrie à part, les demandes des États membres sur le soutien à l’Ukraine ont pu être satisfaites. Il s’agissait de trouver une formule qui prenne en compte les besoins ukrainiens, à l’heure actuelle, mais aussi une fois la paix obtenue, tout en ne s’engageant pas sur des actions et chiffres précis.
Ainsi, les dirigeants européens devraient signaler leur « volonté d’intensifier de manière urgente les efforts pour répondre aux besoins militaires et de défense urgents de l'Ukraine, en particulier la livraison de systèmes de défense aérienne, de munitions et de missiles, la formation et la livraison d'équipement nécessaires aux brigades ukrainiennes ainsi que d'autres besoins que l'Ukraine pourrait avoir ».
Ils devraient également appuyer la proposition de la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Kaja Kallas, pour une nouvelle vague de soutiens à l’Ukraine, y compris en recourant potentiellement à la PSDC et en prenant en compte les capacités respectives des États membres.
Selon un haut fonctionnaire européen, il y a un large consensus au sein des pays membres sur le fait de donner plus à l’Ukraine, bien qu’on ne puisse pas avancer de chiffres.
Coordination avec les partenaires. Un autre enjeu dans les discussions sur l'avenir de l'Ukraine est la coordination avec les alliés, en particulier avec le Royaume-Uni dont la position est globalement alignée avec celle de l'UE, mais aussi avec les États-Unis, avec lesquels la situation est plus compliquée. Le texte de conclusions du Conseil européen devrait mentionner la consultation « des partenaires de l'OTAN » (et non plus du « partenaire transatlantique ») dans le cadre des garanties de sécurité, sur demande de plusieurs pays européens.
Ces derniers jours, les tensions se sont quelque peu apaisées entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky et plusieurs diplomates européens en ressentent un soulagement et une note plus positive pour la suite des discussions.
Dès vendredi matin, le Président du Conseil européen, António Costa, la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et la Haute Représentante de l'Union pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas participeront à une réunion en vidéoconférence avec les dirigeants de plusieurs pays hors UE, pour les informer des résultats du Sommet européen. Parmi les invités, figurent notamment le Royaume-Uni, la Norvège, l'Islande ou encore la Turquie.
Voir le projet de conclusions : https://aeur.eu/f/fqu (Léa Marchal avec la rédaction)