Publié ce mercredi 5 mars par la Plateforme pour la sécurité des journalistes du Conseil de l’Europe, le 'Rapport annuel sur la liberté de la presse en Europe' est intitulé '2024 : Affronter les pressions politiques, la désinformation et l’érosion de l’indépendance des médias'.
Il relève 266 signalements - un chiffre comparable à 2023 - et s’inquiète de l’augmentation des atteintes à l’intégrité physique des journalistes, liée notamment à la guerre en Ukraine.
En ce qui concerne ce conflit, deux journalistes ont été tués, une journaliste est morte en détention en Russie et la plateforme a recensé au moins sept incidents au cours desquels des journalistes ont fait l’objet de tirs.
Par ses répercussions dans les opinions publiques européennes, la guerre de Gaza a, elle aussi, affecté la liberté de la presse, comme en attestent de nombreux cas de harcèlement et menaces à l’encontre de journalistes en Suède, au Danemark, en Allemagne, en Italie et au Royaume-Uni.
La Géorgie a connu la plus forte augmentation d’alertes en 2024 - plus qu'un triplement -, essentiellement du fait d’attaques contre des journalistes lors de manifestations pro-UE.
Les pays comptant le plus de signalements sont l’Ukraine (40), où la plupart des violations se sont produites dans des territoires occupés par la Russie ou ont été attribuées aux forces russes ; la Russie (32) ; la Turquie (28) ; la Serbie (20) ; la Géorgie (18).
Le rapport identifie également comme des menaces graves la surveillance numérique des journalistes, leur répression transnationale - essentiellement par la Russie et la Biélorussie - et la tendance des gouvernements de certains pays à s’approprier les médias.
Il met en garde contre la désinformation, notamment générée par l’intelligence artificielle, et contre la propagande d’État.
Dans leurs recommandations, les organismes partenaires de la plateforme (ONG de défense de liberté de la presse et associations de journalistes) demandent un engagement ferme du Conseil de l’Europe, de la Commission européenne et des États membres en faveur de la liberté de la presse. Notamment en utilisant mieux le 'Rapport sur l’État de droit de l’UE' au regard de la mise en œuvre de la directive contre les poursuites-bâillons et du règlement européen sur la liberté des médias, auxquels on peut ajouter la recommandation contre les procédures-bâillons' du Conseil de l’Europe.
Lien vers le 'Rapport 2024' : https://aeur.eu/f/fqq (Véronique Leblanc)