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Bulletin Quotidien Europe N° 13572
ACTION EXTÉRIEURE / États-unis

L’UE est prête à répondre à de potentielles mesures commerciales américaines

L’Union européenne attend anxieusement de potentielles annonces du Président américain, Donald Trump, sur de nouveaux tarifs douaniers qui la cibleraient directement. Ce faisant, elle tente de se préparer au pire.

Cet enjeu a encore occupé les ministres du Commerce et ceux de l’Industrie des pays de l’UE, qui ont participé à une session sur le thème des relations transatlantiques lors de leur réunion conjointe à Varsovie, mardi 4 février. Leur message a été similaire à celui des dirigeants européens, la veille à Bruxelles (EUROPE 13571/3) : les Vingt-sept doivent faire preuve d'unité dans leur réponse à d'éventuelles mesures américaines.

Le message des États membres a gagné en cohérence ces dernières semaines, avec une majorité de pays s'alignant désormais sur le besoin de répondre à des potentielles mesures, de manière proportionnée toutefois. C’est aussi ce vers quoi la Commission européenne se dirige, après avoir fait preuve de prudence pendant plusieurs mois dans ses différentes prises de parole.

« Nous allons être clairs sur le fait que nous protégerons toujours nos propres intérêts, quelle que soit la manière et le moment où cela s'avérera nécessaire », a affirmé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, devant les ambassadeurs de l’UE, mardi 4 février.

Travail de persuasion. Selon un diplomate européen, les services de la Commission envisagent des tarifs qui pourraient toucher des secteurs économiques américains stratégiques, toute proportion gardée, poursuivant la même logique que par le passé.

L'espoir de chacun, à la Commission comme dans les capitales européennes, est toutefois d'arriver à négocier un accord, à la manière du Mexique et du Canada qui ont rapidement obtenu une suspension provisoire des tarifs américains. L'UE a plusieurs cartes à jouer dans les négociations, assurent plusieurs sources, et le fait qu'aucune annonce n'ait encore eu lieu concernant les produits européens rassure quelque peu les États membres.

L'UE poursuit sans relâche son action visant à démontrer l'intérêt américain à commercer avec elle-même. « Les entreprises européennes aux États-Unis emploient 3,5 millions d'Américains. Et un autre million d'emplois américains dépendent directement du commerce avec l'Europe. En résumé, l'enjeu est de taille pour les deux parties », a rappelé Mme von der Leyen devant les ambassadeurs.

Le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, a insisté lui aussi sur l'ampleur des bénéfices pour les Américains. Il faut, selon lui, contrer les fictions narratives qui circulent sur le déséquilibre dans les relations économiques.

Pour l'heure, la Commission attend toujours d'avoir un premier contact avec l'administration américaine pour entrer en discussions.

Plusieurs pays, dont la France, réclament de la fermeté dans les futures négociations. « On doit déjà attendre les décisions qui seront prises par l’administration américaine sur les tarifs douaniers. Ensuite, nous établirons une position commune. Mais s’engager dans les discussions en mettant sur la table des concessions, je pense que ce n’est pas la bonne approche », a déclaré le ministre français chargé de l’Industrie, Marc Ferracci, interrogé par Agence Europe.

Le ministre des Affaires étrangères luxembourgeois, Xavier Bettel, a mis en garde contre une approche trop naïve envers Donald Trump : « Si vous être faible, il vous mange. Et si vous ne négociez pas avec lui, il vous tue ». L'ancien Premier ministre luxembourgeois s’est cependant montré confiant dans le fait qu’Européens et Américains trouveront un terrain d’entente dans les négociations.

Renforcer les autres partenariats. Montrer la force européenne aux États-Unis consiste également à se rapprocher d’autres partenaires internationaux, selon plusieurs pays membres. La vice-Secrétaire d'État à l’Économie estonienne, Sandra Särav-Tammus, estime que l’UE doit se rendre compte qu’elle doit renforcer ses relations. « Nous devons aussi faire du ‘friend-shoring’ », a-t-elle estimé.

C’est également le message que Mme von der Leyen a passé devant les ambassadeurs de l’UE, en faisant un appel du pied à tous les partenaires commerciaux potentiels : « S’il y a des bénéfices mutuels en vue, nous sommes prêts à nous engager avec vous ».

Le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, ne voit pas les choses différemment : « Je suis prêt à apporter une nouvelle impulsion à de nouvelles négociations. Nous sommes des négociateurs ('deal-makers'), c'est dans notre ADN ».

Dans cette logique, la présidente de la Commission a annoncé qu’un sommet avec l’Afrique du Sud serait organisé en mars, durant lequel l’UE espère entamer des discussions sur un nouveau type de « partenariat pour un commerce et des investissements propres ».

L’UE doit également participer à un deuxième Conseil pour le commerce et les technologies (TTC) avec New Delhi, le 28 février. Surtout, l’ensemble du Collège se déplacera en Inde pour « renforcer notre partenariat dans tous les domaines », selon Mme von der Leyen. (Léa Marchal)

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