La Commission européenne a publié trois rapports sur l’état de l’eau dans l’Union européenne, mardi 4 février, à partir de l’état de la mise en œuvre de la directive-cadre sur l'eau, de la directive sur les inondations et de la directive-cadre 'Stratégie pour le milieu marin'.
Ces rapports s’inscrivent dans la préparation de la stratégie européenne sur la résilience de l’eau prévue pour ce printemps. « Il faut s’inspirer des données factuelles et chiffrées avant de prendre des mesures », a déclaré la commissaire européenne à l’Environnement et à la Résilience de l’eau, Jessika Roswall, le 4 février.
À l'heure actuelle, « moins de 40% des masses d'eau de surface sont en bon état écologique (...) et seul un quart de ces masses d'eau ont un bon état chimique », a constaté la commissaire européenne. Les rapports attribuent principalement cette situation à une contamination généralisée par le mercure et d'autres polluants toxiques. Par ailleurs, la rareté et les sécheresses deviennent des préoccupations croissantes dans l'UE. En Espagne, par exemple, « 74% du pays court le risque de la désertification », a relevé Jessika Roswall.
Pour réparer le cycle de l'eau, la Commission européenne a prôné une approche allant « de la source à la mer ».
Au rang des mesures, la Commission a assuré qu'il faudra réduire la pollution en provenance de l'agriculture et des eaux usées urbaines ainsi que la pollution chimique pour parvenir à une eau saine en Europe en 2050. Protéger le milieu marin demandera d'en restaurer la biodiversité, mais aussi de réduire la pollution par les nutriments, les substances chimiques et le bruit sous-marin.
Par ailleurs, les États membres devront désormais « penser circularité de l'eau et efficacité hydrique », selon Mme Roswall. La question des financements a été soulevée.
Le rapport dédié à cette dernière suggère de renforcer la planification et les capacités administratives, de privilégier des solutions basées sur la nature (restauration des écosystèmes) et des mesures de préparation (systèmes d'alerte précoce et de sensibilisation).
« Il y a un arsenal législatif au niveau européen - a reconnu Jessika Roswall -, mais c'est la mise en œuvre qui fait défaut ». Pour y pallier, elle a prévu « d'engager un dialogue structuré avec les différents États membres de l'Union pour une dynamique politique en faveur du changement ». Ce qui ne veut pas dire que la Commission en finira avec les mesures d'infractions auprès de la Cour de justice européenne, a prévenu la commissaire européenne. « Nous jouons avec tous les outils dont nous disposons » afin de parvenir à une bonne mise en œuvre, a confirmé une source européenne.
La Commission européenne a également lancé un appel à contributions des parties prenantes, mardi 4 février, à qui l'opportunité est donnée d'apporter des suggestions pour la conception de la future 'Stratégie européenne de résilience de l'eau'. Un événement de consultation des parties prenantes se déroulera le 6 mars 2025.
Le Parlement européen a publié un projet de rapport d'initiative sur la résilience de l'eau, jeudi 30 janvier, afin d'influencer la Commission dans l'élaboration de sa stratégie (EUROPE 13570/5).
Voir le rapport sur la directive-cadre sur l'eau et sur la directive sur les inondations : https://aeur.eu/f/fcm
Voir le rapport sur la directive-cadre 'Stratégie pour le milieu marin' : https://aeur.eu/f/fcn (Florent Servia)