Dans sa course à la compétitivité, l’UE pourrait bénéficier d’une intégration progressive des pays candidats à l’adhésion à l’Union, selon plusieurs États membres (EUROPE 13567/2). Au vu des difficultés à intégrer complètement au Marché unique certains pays comme l’Ukraine et sa puissance agricole, une solution soulevée par les Vingt-sept est l'intégration progressive par secteur. Un consensus se dégage pour travailler sur les chaînes de valeur dans l'UE et les pays candidats, notamment dans le secteur très stratégique des matières premières critiques. « Il s'agit de la prochaine étape avant l'adhésion formelle. J'ai eu l'impression dans nos discussions aujourd'hui que cette idée est positivement acceptée, et ce de manière large », a répondu le ministre polonais pour le Développement et les Technologies, Krzysztof Paszyk, à Agence Europe, mardi 4 février, à l'occasion d'une réunion conjointe des ministres du Commerce et de l'Industrie de l'UE organisée par la Présidence polonaise du Conseil de l'UE.
D'autres voies d'intégration ont été abordées. D'après le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, une proposition a été faite pour travailler à des accords de reconnaissance mutuelle avec l'Ukraine sur les produits industriels. « Nous pensons que cela pourrait attirer de nouveaux investisseurs en Ukraine et cela faciliterait également les exportations ukrainiennes », a indiqué le commissaire à Agence Europe.
Reste la question de la libéralisation des échanges avec Kiev. Le pays bénéficie jusqu'en juin 2025 d'une exemption de l'ensemble des tarifs pour ses exportations vers l'UE, mais une solution doit être trouvée pour la suite, dans le cadre de l'accord de libre-échange qui lie l'UE et l'Ukraine.
La Commission formulera bientôt une proposition, a assuré M. Šefčovič. Et d'ajouter que celle-ci prendra en compte les sensibilités de certains pays membres concernant les produits agricoles ukrainiens. La teneur de la proposition en matière de libéralisation reste toutefois inconnue à ce stade. (Léa Marchal)