Des expertes européennes ont recommandé aux États membres de mettre en place des incitations pour stimuler la demande de véhicules électriques européens, lors d’un débat organisé mardi 4 février par l’association européenne pour la mobilité électrique, E-mobility Europe (anciennement Avere).
« L'année 2024 n'est pas représentative du marché de véhicules électriques », d’après Julia Poliscanova, directrice des véhicules électriques et des batteries au sein du réseau d'ONG Transport & Environment (T&E). « Le marché est là, étant donné le nombre de véhicules chinois qui ont été achetés », a-t-elle fait remarquer. Elle s’est montrée plutôt optimiste pour 2025, car de nouveaux modèles de véhicules électriques européens vont être mis sur le marché. Elle a recommandé d'accélérer l'électrification des flottes professionnelles (EUROPE 13566/19) et de soutenir davantage les véhicules électriques fabriqués en Europe, grâce à un bonus écologique, par exemple.
Selon Sigrid de Vries, directrice générale de l’Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA), il est nécessaire de comprendre les besoins du marché. Par exemple, les sociétés de location de voitures rencontrent vraiment des réticences, leurs clients hésitent à louer des véhicules électriques. Elle conseille aux décideurs politiques « d'encourager plutôt que de dicter ». « Le dialogue stratégique fait la différence, mais il faut plus de flexibilité législative », a-t-elle estimé (EUROPE 13570/11).
« La demande n'est pas là où nous le souhaiterions », a constaté Céline Domecq, responsable du bureau européen du constructeur Volvo. Pour elle, il y a « urgence » : « Il faut arrêter la discussion sur l'arrêt des objectifs de décarbonation de 2035 et travailler à améliorer le marché ». Cela comprend le besoin d'investir dans ce dont l’industrie européenne a besoin, notamment augmenter le nombre de fabricants de batteries et leur permettre de devenir une force puissante. « Il faut commencer à courir pour rattraper les États-Unis et la Chine », a-t-elle appelé.
Elle s’est montrée favorable à la mise en place d'incitations, notamment fiscales, pour stimuler la demande, telles que des incitations pour installer des points de charge. « Quel que soit le type d'incitation, les gens les prennent, cela fonctionne », a-t-elle affirmé.
De son côté, Magda Kopczyńska, directrice générale de la Mobilité et des Transports (DG MOVE) à la Commission européenne, a également soutenu l’idée des incitations fiscales, mais a rappelé qu’elles relèvent de la compétence des États membres. (Anne Damiani)