« Nous n’avons jamais reçu d’ordres de la direction générale de l’Environnement [de la Commission européenne] », a martelé Ariel Brunner, de l’ONG Birdlife, lundi 3 février, lors d’une conférence de presse à propos de financements des organisations environnementales par les subventions du programme LIFE de la Commission européenne.
Des contrats de financement liant des organisations environnementales à la Commission européenne ont récemment été pointés du doigt par le groupe PPE au Parlement européen (EUROPE 13564/15) et par le commissaire européen au Budget, Piotr Serafin (EUROPE 13542/10), pour avoir encouragé des pratiques de lobbying auprès des institutions européennes.
Criant au scandale, les eurodéputés PPE dénoncent une manœuvre de la Direction générale de l'Environnement de la Commission pour pousser ses propositions auprès d'autres services de l'institution de l'UE, mais aussi auprès d’eurodéputés qui y seraient opposés.
Plusieurs ONG, dont CAN Europe, WWF Europe, le 'Bureau européen de l’environnement' et Transparency international Europe, ont donc tenté de clarifier la situation, lundi 3 février, lors d’une conférence de presse commune.
L'existence même de ces financements tient à la volonté de la Commission européenne « d'assurer des règles du jeu plus équitables, qui permettent à toute entité représentant des citoyens à l'échelle de l'UE (...) de recevoir des fonds pour faire entendre sa voix dans le débat », a expliqué Ariel Brunner. L'obtention de fonds européens s'accompagne d'un contrat qui décrit les activités des ONG, mais « décrire mes activités ne signifie pas que la Commission me paie pour les réaliser ou qu’elle m’a demandé de les exécuter. Ce sont des activités que j’ai moi-même proposé de faire », a défendu le directeur régional Europe et Asie Centrale de Birdlife.
Les ONG ont tenu à rappeler que le processus de candidature à un appel à propositions ne se fait pas « directement auprès de la Commission, mais par l'intermédiaire d'une agence », a précisé Patrizia Heidegger, du 'Bureau européen de l'environnement'. Ce fonctionnement a été mis en place « pour s'assurer qu'il n'y ait pas d'influence politique », a-t-elle ajouté.
Tous les participants à la conférence de presse ont également rappelé qu'ils critiquent aussi régulièrement les propositions de la Commission européenne relatives à l'environnement. « C'est la nature du débat démocratique », a estimé Ariel Brunner.
Nicholas Aiossa, de Transparency International EU, quant à lui, a vu une certaine ironie dans le débat actuel, rappelant qu'il y a quelques années, les mêmes groupes politiques reprochaient aux ONG « d'être trop critiques pour recevoir des fonds ». (Florent Servia)