Alors que les négociations entre le Parlement européen et le Conseil de l'UE sur la révision de la directive relative aux droits des victimes (EUROPE 13221/17) se poursuivront mercredi 5 février, l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) a tenu, fin janvier, une session d’information destinée aux autorités publiques sur les développements de son rapport relatif aux droits des victimes de crime.
D'après le document ‘Renforcer la réponse aux victimes de la criminalité : conclusions de la FRA sur les défis et les solutions’, publié en novembre, si environ 22 millions de personnes dans l'UE sont victimes de violence physique chaque année, 64% d’entre elles ne signalent pas l'incident aux autorités.
Cette situation limite l’accès à la justice ainsi qu’à un soutien approprié, ce qui conduit tant à l’impunité des criminels qu’à un coût social important.
La FRA appelle à une collecte des données renforcée et à une méthodologie harmonisée afin de comprendre la situation de ces victimes et d’y répondre par des politiques publiques adaptées.
En ce sens, une approche intersectorielle est préconisée afin d’obtenir le plus de détails possible et tenir compte de facteurs tels que le sexe, l’origine ethnique ou l’existence d’un handicap.
Par ailleurs, la FRA appelle à une meilleure collecte de données sur les violences faites aux femmes et à la violence domestique, se référant à la directive relative à la lutte contre la violence à l'égard des femmes adoptée en mai 2024, qui impose des obligations claires aux États membres à cet égard.
Ces données doivent être complétées par une meilleure coordination entre les acteurs publics et privés.
Le modèle 'Barnahus', qui propose un soutien intégral et coordonné aux enfants victimes de violence, est cité comme un modèle à promouvoir.
En outre, la FRA plaide pour de meilleures formations des autorités publiques - policiers, juges et travailleurs sociaux -, ciblées notamment sur des thématiques comme la violence domestique ou les violences sexuelles, pour qu’elles soient mieux préparées à répondre aux besoins spécifiques des victimes.
Enfin, la FRA sollicite un financement renforcé des programmes de soutien aux victimes pour garantir que chaque victime reçoive l’aide nécessaire pour se reconstruire et obtenir justice.
Lire le rapport : https://aeur.eu/f/fcb (Nithya Paquiry)