La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Kaja Kallas, a estimé, lundi 3 février, que l’UE dans le monde devait être « l’antithèse de l’axe autocratique ».
« L’UE dans le monde doit être l’UE que nous voulons voir dans le monde : l’antithèse de l’axe autocratique qui se forme aujourd’hui », a-t-elle souligné lors d’un discours devant les ambassadeurs de l’UE.
La Haute Représentante a mis en avant plusieurs axes de travail. « L’Ukraine doit être notre priorité absolue », a-t-elle rappelé. Mme Kallas a aussi plaidé pour le renforcement des alliances avec des pays partageant les mêmes idées.
Autre priorité : la recherche de la paix au Moyen-Orient. « Des progrès peuvent être réalisés. Et l'UE peut avoir un rôle à jouer. Si nous ne sommes pas là, autour de la table, à poser les bonnes questions, à promouvoir l'inclusion et à défendre les valeurs démocratiques, alors qui le sera ? », s’est-elle interrogée.
Il faut, selon la cheffe de la diplomatie, entretenir des partenariats mutuellement bénéfiques. La Haute Représentante a aussi souhaité que l'UE soit plus transactionnelle dans ses relations. « Regardez la Turquie et les États du Golfe dans leurs rôles de médiateurs de paix avec leurs propres agendas stratégiques et leurs approches transactionnelles. La question est de savoir si l’UE doit aussi devenir transactionnelle. À bien des égards, il est temps que nous le fassions », a-t-elle expliqué. Selon elle, il y a là des intérêts communs, un espace de coopération.
La cheffe de la diplomatie a prévenu qu’il ne fallait pas répéter avec la Chine les erreurs commises avec la Russie. « Les dépendances nous rendent vulnérables. Lorsque cela s’est avéré nécessaire, l’UE a prouvé qu’elle pouvait se libérer de la Russie. Si nous voulons donc nous débarrasser des risques liés à la Chine, nous le pouvons », a-t-elle souligné.
Et pour « accroître la portée de l’Europe », Mme Kallas a estimé que les délégations de l’UE devaient « refléter (les) priorités, (les) intérêts et (l’) ambition sur le terrain » et elle compte renforcer la portée du réseau de l'UE à travers le monde.
Il y a quelques semaines, des documents internes proposaient de réorganiser le tissu diplomatique de l’UE, avec de potentielles réductions de délégations (EUROPE 13558/4, 13535/15). (Camille-Cerise Gessant)