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Bulletin Quotidien Europe N° 13526
Invasion Russe de l'Ukraine / Ukraine

L’UE élargit le champ des sanctions envers l’Iran pour son soutien à la Russie

Le Conseil de l’UE a décidé, lundi 18 novembre, d’élargir le champ d’application du cadre de sanctions de l’UE lié au soutien militaire de l’Iran à la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine et aux groupes et entités armés au Moyen-Orient et dans la région de la mer Rouge.

Il est désormais interdit d’exporter, transférer, fournir ou vendre vers l’Iran des composants utilisés dans le développement et la production de missiles et de drones (UAV). De plus, il est interdit d’effectuer toute transaction avec les ports et les écluses qui sont détenus, exploités ou contrôlés par des personnes et entités inscrites sur la liste des sanctions ou qui sont utilisés pour le transfert d’UAV ou de missiles iraniens ou de technologies et composants connexes vers la Russie.

Cette mesure comprend l’accès aux installations des ports et des écluses, comme les ports iraniens d’Amirabad et d’Anzali et la fourniture de tout service aux navires, hormis les navires ayant besoin d’assistance pour des raisons de sécurité maritime, à des fins humanitaires ou en relation avec des événements susceptibles d’avoir un impact grave sur la santé et la sécurité humaines ou sur l’environnement.

De plus, le Conseil a adopté des mesures à l’encontre de la compagnie maritime nationale iranienne IRISL et de son directeur, Mohammad Reza Khiabani, et de trois compagnies maritimes russes – MG Flot, VTS Broker et Arapax – dont les navires participent au transport d’armes et de munitions de fabrication iranienne.

Lutter contre le soutien à la Russie. Au-delà du soutien iranien, les ministres se sont penchés, lors de leur Conseil, sur le soutien de la Corée du Nord, mais aussi chinois.

« La Russie ne pourrait pas continuer de se battre sans la Corée du Nord, l'Iran et la Chine », a souligné le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell. « Le rôle de la Chine devient de plus en plus important. Premier fournisseur de biens à double usage » à la Russie, a-t-il regretté. Le chef de la diplomatie a précisé ne pas connaître la fiabilité des rapports faisant état de possibles fabrications de drones en Chine pour la Russie.

À son arrivée au Conseil, la ministre allemande, Annalena Baerbock, a prévenu que la livraison de drones chinois à la Russie aurait « des conséquences ». « Le soutien économique de la Chine à la Russie représente un sérieux défi et toute livraison directe d'armes est inacceptable », a ajouté son homologue tchèque, Jan Lipavský. « La Chine est un des principaux fournisseurs de l’action militaire de la Russie en Ukraine », a estimé le Lituanien Gabrielius Landsbergis, estimant qu’il était possible avec les États-Unis d’envoyer un message fort que les occidentaux n’autoriseront pas ce soutien. « Si nous ne le faisons pas, cela aide la solidification de la coalition du chaos formée avec l’aide de la Russie, incluant l’Iran, la Corée du Nord, la Biélorussie et la Chine », a-t-il expliqué.

Renforcer le soutien à l’Ukraine. Les ministres ont aussi discuté du soutien que l’UE peut apporter à l’Ukraine. « Il est temps que l’Europe prenne ses responsabilités et une responsabilité stratégique face aux attaques russes, comme celles de dimanche », a souligné M. Borrell, alors que la veille, l'Ukraine a été touchée par des « vagues de missiles ». Selon lui, le soutien européen doit être militaire, mais aussi financier et en termes de sanctions envers la Russie. « L’histoire nous jugera sur ce que nous avons fait lorsque nous avons dû faire face à des moments difficiles », a prévenu le Haut Représentant.

Pour son dernier Conseil, le Lituanien Gabrielius Landsbergis a appelé l’UE à avoir une nouvelle stratégie « de force », et non plus de « faiblesse ». « La stratégie sur la manière dont nous avons aidé l’Ukraine ses trois dernières années, presque 1 000 jours, a été un échec. Une paix à travers un apaisement est une stratégie d’échec ('failing strategy'). (…) Pour vraiment soutenir l’Ukraine, il faut de la force ('strength'), je parle d’armement, de vraies levées de toutes les restrictions », a-t-il estimé.

Le Haut Représentant et plusieurs ministres ont salué, à leur arrivée au Conseil, la décision américaine de lever des restrictions pour l’utilisation des armes américaines pour frapper des cibles militaires sur le territoire russe.

« La décision américaine est très importante. On m'a expliqué ce que cela signifie lorsque la défense aérienne ne suffit plus parce que l'on n'a pas assez de temps pour se protéger, alors on vit littéralement sous terre. Le droit à l'autodéfense signifie que nous ne devons pas attendre qu'une roquette touche un hôpital pour enfants, une école ou un immeuble, mais que nous pouvons bien sûr nous protéger en détruisant cette terreur militaire dès qu'elle est lancée », a expliqué Mme Baerbock.

« Aucune limitation, mis à part le droit international, ne devrait s’appliquer à l’Ukraine », a ajouté Gabrielius Landsbergis, estimant que permettre à un pays de se défendre n’était pas une escalade du conflit, mais un principe de la Charte des Nations Unies.

M. Borrell a estimé que la levée des restrictions, qui s'applique jusqu'à 300 kms à l'intérieur du territoire russe, était « mieux que rien », mais qu'il ne s'agissait pas d'« une distance spectaculaire ». « Il va falloir appuyer la décision de l'administration américaine, il faut des armes pas seulement pour arrêter les (missiles) qui arrivent, mais pour attaquer à la source », a-t-il ajouté, tout en précisant que la décision de lever ou non les restrictions était nationale.

Interrogé sur ce point, le ministre Jean Noël Barrot a rappelé qu’en mai, le président français, Emmanuel Macron, avait expliqué que la levée des restrictions était « une option que nous prenions en considération, s'il fallait autoriser des frappes sur des cibles depuis lesquelles les Russes attaquent le territoire ukrainien ». « Donc, rien de nouveau sous le soleil », a-t-il ajouté.

L’Italien Antonio Tajani a aussi réitéré la position de son pays : « Nous continuerons à suivre la ligne que nous avons toujours suivie, celle d'utiliser nos armes sur le territoire ukrainien, notre ligne ne changera pas ».

Samedi, dans une déclaration commune, les dirigeants des pays du G7 avaient réaffirmé leur « soutien indéfectible à l'Ukraine aussi longtemps qu'il le faudra ». « La Russie reste le seul obstacle à une paix juste et durable. Le G7 confirme son engagement à imposer des coûts élevés à la Russie par le biais de sanctions, de contrôles des exportations et d'autres mesures efficaces », avaient-ils prévenu.

Voir les sanctions sur l'Iran : https://aeur.eu/f/edk (Camille-Cerise Gessant)

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