Le Premier ministre français, Michel Barnier, a réitéré, mercredi 13 novembre à Bruxelles, l'opposition de son pays à la finalisation de l'accord commercial entre l'Union européenne et les pays du Mercosur.
« Dans les conditions actuelles, cet accord n'est pas acceptable pour la France. La Commission l'a bien compris », a-t-il déclaré à l'issue d'une rencontre avec la présidente réélue de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Il a recommandé « qu'on ne passe pas outre la position de la France ni de celle d'autres pays » qui s'inquiètent de « l'impact désastreux » de cet accord commercial sur certaines filières comme « l'agriculture et l'élevage ». Et de refuser toute mesure de compensation ou « rustine », tel qu'un fonds européen dédié pour dédommager les agriculteurs européens.
Sur le budget français, qui devrait présenter en 2024 un déficit de 6,1% du PIB national (EUROPE 13502/21), M. Barnier a souligné l'importance de désendetter la France pour retrouver de la souveraineté budgétaire. La charge de la dette va atteindre « 55 ou 56 milliards d'euros », « c'est plus que le budget de la défense », a-t-il argué. D'où le « budget difficile » qui a été proposé et est en cours de négociation au Sénat français.
Le Premier ministre français, qui a promis de revenir souvent à Bruxelles, a soutenu l'agenda de compétitivité que la Commission souhaite concrétiser ces cinq prochaines années. Il y a « un enjeu de simplification » nécessaire pour « stopper l'inflation normative » qui pénalise les agriculteurs et les entreprises, a-t-il estimé.
Enfin, M. Barnier a évoqué le défi migratoire. Il a indiqué que la France allait transposer « le plus tôt possible » le 'Pacte asile et migration'. Il convient de « compléter (le Pacte) au niveau européen avec la directive 'retours' que la Commission a accepté de rouvrir », a-t-il approuvé, insistant sur l'importance du « levier européen » dans ce domaine, notamment pour discuter avec les pays tiers et de transit. (Mathieu Bion)