Les représentants des groupes politiques au Parlement européen ont estimé, mercredi 13 novembre, que l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis était une occasion, pour l’Union européenne, d’être plus autonome.
« On doit se préparer, la relation euroatlantique va être tempétueuse. (…) On va devoir être autonome dans le paysage international, on doit prendre des mesures pour protéger notre économie, notre cohésion sociale, nous défendre face à toutes les menaces », a souligné Yannis Maniatis (S&D, grec), ajoutant que l’Europe devait « enfin » être autonome d’un point de vue stratégique.
« À nous de défendre l’intérêt européen, de sortir de l’attentisme, il en va de notre souveraineté sur la défense, de notre compétitivité et de nos intérêts commerciaux », a estimé Valerie Hayer (Renew Europe, française). Selon elle, l’UE ne doit pas avoir peur du rapport de force, assumer qu’elle est bel est bien une puissance commerciale et agir en conséquence.
Au nom du PfE, Jordan Bardella a jugé que la vocation de l’Europe n’était pas de venir au secours des autres, mais de prendre soin des nations qui la composent et de défendre leurs intérêts en priorité. « L’élection de Trump donne encore une fois à l’UE l'occasion de devenir un acteur politique clé », a souligné Petar Volgin (ENS, bulgare).
Tout en estimant que cela ne changerait pas les relations entre l’UE et les États-Unis, Nicola Procaccini (CRE, italien) a expliqué que les Européens devaient jouer leur rôle. « Nous devons essayer de renforcer la colonne européenne dans l’OTAN, de renforcer la compétitivité sans la freiner par des excès idéologiques. La vraie révolution, c’est la conservation, pas la destruction », a-t-il précisé.
Selon Andrzej Halicki (PPE, polonais), l’élection américaine doit pousser les Européens à être plus autonomes dans le domaine de la sécurité et de la défense, notamment sur le dôme européen et sur l’industrie de la défense.
De son côté, Terry Reintke (Verts/ALE, allemande) a expliqué que les Européens devaient travailler ensemble pour lutter contre le changement climatique ou encore pour installer la paix au Proche-Orient et en Ukraine.
Enfin, selon Martin Schirdewan (La Gauche, allemand), « la meilleure réponse à l’élection est un changement de politique vers une politique plus sociale », mais aussi « une politique industrielle de l’UE qui protège l’emploi et rende l’industrie solide face à l’avenir ». (Camille-Cerise Gessant)