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Bulletin Quotidien Europe N° 13499
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Industrie/transports

De plus en plus d'élus se mobilisent contre la fin du moteur thermique en 2035

Les députés européens ont débattu de la crise de l'industrie automobile de l'UE, exacerbée par des menaces de fermetures d'usines, mardi 8 octobre en session plénière à Strasbourg. Du côté droit de l’hémicycle, on souhaite revenir sur les objectifs climatiques du ‘Pacte vert’ liés au secteur. 

D’après les textes adoptés début 2023 (EUROPE 13053/1, 13155/10), les véhicules neufs devront émettre en moyenne 94 grammes de CO2/km à partir de 2025, contre 116 g/km en 2024, avant d’atteindre la réduction de 100% des émissions de CO2 des voitures et utilitaires neufs en 2035, soit l'arrêt total de production de moteurs thermiques.

Plusieurs députés du PPE, des PfE, CRE et ESN ont défendu la modification de l'objectif 2035 pour la fin des moteurs thermiques et des objectifs de réduction des émissions intermédiaires (EUROPE 13151/5). « Malheureusement, nous ne disposons pas de l'infrastructure nécessaire pour les véhicules électriques », a souligné Jens Gieseke (PPE, allemand). Et d'ajouter que l'UE doit tout faire pour éviter que les fabricants doivent payer des amendes s'ils n'arrivent pas à tenir les objectifs.

Les deux députés tchèques de la CRE, Ondřej Krutílek et Alexandr Vondra, ont indiqué avoir envoyé une lettre à la Présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, à propos du règlement sur les émissions de CO2. « Nous sommes profondément préoccupés par la menace d'amendes de plusieurs milliards d'euros pour les constructeurs automobiles qui ne respecteront pas un ensemble de règles l'année prochaine, ainsi que par l'objectif de 2035, qui marquera effectivement la fin de l'industrie automobile à moteur à combustion en Europe », a partagé M. Krutílek, lors de la conférence de presse qui a suivi le débat.

Avec 112 autres élus issus de 23 États membres et de cinq groupes politiques (PPE, Renew Europe, CRE, PfE, et ESN), ils demandent à la Commission « de prendre des mesures urgentes et de proposer une révision du règlement dès que possible, et non pas en 2026 comme il est prévu ». D'après M. Krutílek, les États membres vont prendre une initiative similaire.

Lire la lettre : https://aeur.eu/f/dsc

Politique industrielle. Du côté des groupes qui ne souhaitent pas remettre en cause les objectifs 2025 et 2035, un consensus se forme sur la nécessité d'une politique industrielle pour sauver le secteur. « Nous avons besoin d’une stratégie renouvelée pour le secteur automobile dans les 100 premiers jours de la nouvelle Commission », a demandé Christophe Grudler (Renew Europe, français). Pour lui, cette stratégie passe notamment par un fonds de transition juste, des incitations financières, une fiscalité favorable à l'électricité et des infrastructures robustes.

À sa gauche, les élus défendent l'idée de soutenir la production sur le continent, y compris avec des investissements publics, mais pas uniquement. Mohammed Chahim (S&D, néerlandais) estime que l'UE peut assurer des emplois de qualité, soutenir l'économie locale et réduire les dépendances en encourageant les entreprises communes dans les batteries.

Sa collègue Gabriele Bischoff (S&D, allemande) a expliqué avoir participé à une mission parlementaire, la semaine dernière, sur le site de production Audi à Bruxelles, menacé de fermeture, où elle a rencontré des travailleurs et syndicats. « La dernière chose qu’ils nous ont dite est qu’il ne faudrait surtout pas faire marche arrière. Ils ont insisté sur l’importance des investissements ».

Anna Cavazzini (Verts/ALE, allemande), pour sa part, estime que l'accent doit être mis sur l'aide aux consommateurs pour acheter des véhicules électriques. Cela peut passer par les leasing sociaux, selon elle.

Concurrence chinoise. Concernant le cas des véhicules électriques chinois subventionnés, le consensus est moindre au sein des libéraux et de la gauche. Si les Verts/ALE sont unanimes quant à l'importance des droits de douane supplémentaires sur les véhicules électriques chinois, le groupe Renew Europe et le S&D voient certains de leurs membres s'opposer à ces tarifs (EUROPE 13493/3, 13497/1).

En cause notamment, les réponses de la Chine aux mesures européennes. Pékin a ouvert plusieurs enquêtes contre des produits agroalimentaires européens et vient d'annoncer des tarifs antidumping provisoires sur les vins et spiritueux provenant de l'UE (voir autre nouvelle).

Le député Benoit Cassart (Renew Europe, belge) a exprimé les craintes du secteur agricole européen et demandé des mesures compensatoires pour soutenir celui-ci face aux actions chinoises. Son collègue allemand du même groupe Jan Christoph Oetjen a émis des doutes sur la pertinence des tarifs comme solution pour soutenir l'industrie européenne.

En revanche, les Français du même groupe, Marie-Pierre Vedrenne et Christophe Grudler, ont soutenu fermement la décision de la Commission d'imposer des tarifs sur les véhicules électriques chinois. (Léa Marchal et Anne Damiani)

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