Le ministre hongrois des Finances, Mihály Varga, a confirmé, mardi 8 octobre à Luxembourg, que la Présidence hongroise du Conseil de l'Union européenne ambitionne de parvenir à un accord politique sur la création d'une nouvelle assistance macrofinancière 'MFA' à l'Ukraine pouvant aller jusqu'à 35 milliards d'euros (EUROPE 13487/1).
« La Présidence hongroise a déployé beaucoup d'efforts pour faire avancer les discussions techniques au Conseil », a indiqué M. Varga à propos de cette nouvelle aide qui constituera la contribution des Européens à la décision des pays du G7 d'octroyer des prêts à Kiev gagés sur les profits futurs générés par les avoirs de la Banque de Russie immobilisés dans l'UE. Il a fait part de l'intention de la Présidence hongroise de parvenir à un accord, à la majorité des États membres, lors de la réunion des ambassadeurs des États membres auprès de l'UE (Coreper).
L'accord portera sur trois textes du paquet législatif mis sur la table début septembre, qui permettront de mettre en place l'aide macrofinancière de l'UE ainsi que le dispositif 'Ukraine Loan Cooperation Mechanism' (ULCM). Ce mécanisme permettra à l'Ukraine de rembourser les emprunts bilatéraux contractés auprès de l'UE et des pays du G7.
Selon nos informations, le Conseil et le Parlement européen, qui devrait voter fin octobre sur le paquet législatif, ont décidé d'aller vite, sans modifier les textes en substance.
Résumant le débat ministériel, le commissaire européen à l'Économie, Paolo Gentiloni, a relevé « un fort soutien » des pays de l'UE en faveur du paquet législatif qui intervient à « un moment critique ». L'Ukraine se prépare à faire face à un hiver difficile en raison des destructions de ses infrastructures par l'armée russe, a-t-il souligné.
En revanche, il n'y a pas l'unanimité requise au Conseil sur la proposition visant à prolonger, de 6 à 36 mois, la durée des sanctions visant les avoirs de la Banque de Russie immoblisés dans l'UE. M. Gentiloni, qui a fait état d'une « quasi-unanimité » d'États membres en faveur de cette proposition, a rappelé que cette proposition était « une précondition » posée par les États-Unis pour participer à l'initiative des pays du G7.
M. Varga a estimé que, pour la Hongrie, la question de la durée des sanctions devra être tranchée « en novembre », une fois que les élections aux États-Unis auront rendu leur verdict et indiqué quelle direction - « la paix ou la prolongation de la guerre » - prendra la future administration américaine.
Un refus des États-Unis d'octroyer un nouveau prêt à l'Ukraine aurait pour conséquence de maintenir la contribution financière de l'UE à un niveau élevé. C'est la raison pour laquelle, lors du débat au Conseil 'Écofin', plusieurs ministres ont insisté sur l'importance d'un « partage équitable du fardeau » financier, a noté M. Gentiloni. (Mathieu Bion)