« La guerre d’agression de la Russie à l’encontre de l’Ukraine est également une guerre mondiale de l’information et nous devons répondre », a déclaré la vice-présidente de la Commission européenne chargée des Valeurs et de la Transparence, Věra Jourová, en préambule d’un débat sur la désinformation au Parlement européen, lundi 7 octobre.
Le débat sur 'L'importance de la radiodiffusion publique, du pluralisme des médias et de l'indépendance des médias, face aux fake news, au populisme et à la désinformation dans l'UE' est intervenu alors que la Russie a été accusée d'acheter les votes de plus de 130 000 citoyens moldaves, fin septembre, afin qu'ils rejettent l'adhésion de leur État à l'UE, lors d'un référendum prévu le 20 octobre.
« La Russie est toujours la championne du monde de la désinformation », a déclaré la Tchèque Věra Jourová, qui s'est souvenue « de la manipulation et de la pression exercée sur [les Tchèques] pour qu'[ils] dis[ent] et pens[ent] simplement la doctrine officielle », à l'époque du régime communiste.
La commissaire européenne a rappelé que la lutte contre la désinformation et la protection de la liberté des médias sont au cœur du plan d'action européen pour la démocratie que la Commission européenne a présenté en 2020 (EUROPE 12429/4).
Les eurodéputés ont ensuite confirmé que les démocraties doivent aujourd’hui survivre à la « manipulation d’algorithmes » (Ana Catarina Mendes, S&D, portugaise) et aux fake news (Javier Zarzalejos, PPE, espagnol). Au nom du groupe La Gauche, l’eurodéputé italien Gaetano Pedulla a ajouté que la manipulation était facilitée par « la concentration du système médiatique, des plateformes de réseaux sociaux aux grands centres de télévision et de presse ».
« L’UE doit être félicitée » pour l’entrée en vigueur du règlement sur la liberté des médias (EUROPE 13394/32), a déclaré Ana Catarina Mendes. Quand Gaetano Pedulla estimait que ni ce règlement ni la « la dernière directive anti-SLAPP », qui doit lutter contre les procédures-bâillons initiées contre les journalistes, n’ont encore changé la donne.
La législation européenne sur les services numériques (DSA), dont l'une des priorités est de réglementer la responsabilité des plateformes (EUROPE 13484/10), doit également encore faire ses preuves et le rapport annuel sur l'État de droit être renforcé, selon Ana Catarina Mendes. Autres chantiers à mener, selon Laurence Farreng (Renew Europe, française) : la transparence des algorithmes et la labellisation des contenus générés par l'intelligence artificielle. (Florent Servia)