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Bulletin Quotidien Europe N° 12429
INSTITUTIONNEL / DÉmocratie

Věra Jourová rappelle les principes de son plan d'action, mettant l'accent sur la question des médias et de la désinformation

La vice-présidente de la Commission européenne chargée des Valeurs et de la Transparence, Věra Jourová, a profité d'une audition de la commission des libertés civiles (LIBE) au PE, mercredi 19 février, pour informer les députés de « l'avancée de sa réflexion » sur le plan d'action pour la démocratie en Europe (EUROPE 12416/3).

L'objectif de ce plan, a-t-elle rappelé, est de réagir aux nombreux défis auxquels se trouvent confrontées nos démocraties, tels que les ingérences dans les élections, la désinformation ou encore la question du pluralisme des médias.

La commissaire a notamment annoncé, à ce sujet, la tenue d'une conférence, le 20 mars prochain. Ce rendez-vous, consacré au rôle des médias dans nos démocraties, devrait permettre de « se pencher sur les principales conclusions du suivi opéré sur le pluralisme des médias », a-t-elle détaillé.

Mme Jourová a insisté sur ce point, estimant qu'il était nécessaire d'« alphabétiser les citoyens aux médias » et de « vacciner nos sociétés » contre le virus de la désinformation. « Nous devons accroître nos capacités à détecter cette tendance », a-t-elle assuré, précisant que la Commission travaillerait sur ce point avec son équipe au sein du Service européen pour l'action extérieure (SEAE), avec STRATCOM et avec l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN).

« Le mensonge, c'est une chose », le problème, a-t-elle estimé, c'est que les gens y croient. Plusieurs députés ont, au contraire, dans leurs réponses, mis l'accent sur la responsabilité de certaines personnalités politiques en la matière.

La Néerlandaise Sophia in't Veld, qui s'exprimait au nom du groupe Renew Europe, a ainsi souligné une « omission majeure » de la part de la commissaire, dénonçant le comportement de chefs d'État et de gouvernement européens à l'origine de 'fake news'. « Si nous n'avons pas le courage de nous attaquer à eux, nous saperons notre propre crédibilité », a déploré la députée.

Mme Jourová a rappelé que son plan d'action pour la démocratie devrait en outre conduire à davantage de redevabilité et de responsabilité des plateformes numériques afin de mieux appréhender les campagnes d'information et les bulles créées par le manque de transparence, notamment.

« Si nous voulons que ces plateformes soient plus redevables, je pense que nous devons passer de fait par la règlementation sur les algorithmes, sur la transparence », a réagi Jeroen Lenaers (PPE, néerlandais).

Le plan devra également permettre de répondre au besoin de règles en matière de publicité politique et de financement des partis politiques en Europe.

Par ailleurs, lors de cette audition, la commissaire a invité les membres de la commission LIBE à participer à la révision du règlement général sur la protection des données (RGPD). Elle souhaite que ce dernier puisse être appliqué de façon cohérente, sans qu'il soit nécessaire de le « revoir de fond en comble ».

La veille de l'intervention de Mme Jourová, le Comité européen de la Protection des Données avait pourtant publié sa contribution à l'enquête de la Commission européenne sur l'examen du RGPD et indiqué, sur Twitter, qu'il considérait qu'une révision du RGPD était encore prématurée. (Agathe Cherki - stage)

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