Le ministre palestinien aux Affaires étrangères, Riad Al-Maliki, tout comme l’ambassadeur israélien auprès de l’UE, Aharon Leshno-Yaar, ont fait part de la volonté de leurs pays de reprendre des négociations de paix. Mais c’est sur la base de négociation que les divisions apparaissent.
« Nous sommes prêts a entamer des négociations directes avec Israël sans condition préalable, tant que l’on s’en tient aux anciens termes de référence acceptés par l’ensemble de la communauté internationale », a ainsi expliqué M. Al-Maliki en commission des Affaires étrangères du Parlement européen.
« La question est : 'avons-nous un interlocuteur israélien ?'», s’est-il interrogé. Oui, lui a répondu quelques minutes plus tard, au sein de la même commission, M. Leshno-Yaar. « Nous devons négocier avec les Palestiniens et quand ils auront accepté de nous rejoindre, nous discuterons de tout », a-t-il souligné, estimant que son pays était d’accord pour négocier, sur la base du plan américain, un « bon plan pour arriver à la paix ».
« Tout ne va pas dans ce plan. Concentrons-nous sur ce qui est bon et négocions sur ce qui ne va pas (…) Si tout le monde s’assied autour de la table, on pourra faire avancer les choses », a estimé l'ambassadeur, espérant que les Palestiniens ne ratent pas cette « occasion de paix ».
Le plan américain divise Israéliens et Palestiniens. Alors que, pour l’ambassadeur israélien, il est un « juste équilibre entre les intérêts nationaux vitaux des Israéliens et les aspirations palestiniennes d’autodétermination », pour le ministre palestinien, ce plan « se fonde sur l'idée que, pour réaliser la sécurité d’Israël, il faut priver les Palestiniens de leur souveraineté ». Selon lui, le plan pérennise l’annexion « illégale » de la Cisjordanie. « Toute personne qui promeut l'impunité israélienne torpille la paix », a-t-il prévenu.
M. Al-Maliki a donc appelé l’UE à agir. « Agissez avant qu’il ne soit trop tard ! », a-t-il lancé aux députés. « Si le plan Trump est appliqué et la Cisjordanie annexée, ce sera la porte ouverte à la violence, pas seulement en Israël et en Palestine, mais dans toute la région », a-t-il mis en garde.
Le ministre a aussi appelé à « œuvrer sans relâche pour une solution à deux États ». Selon lui, pour parler de deux États, il est nécessaire de les avoir et, donc, que l’État de Palestine soit reconnu. « Si vous voulez préserver la solution à deux États, face à la tentative d’annexion de la Cisjordanie, vous devez aller de l’avant et exercer une pression sur vos pays pour qu’ils reconnaissent l’État palestinien. C’est la seule condition qui permettra une négociation d’égal à égal avec Israël », a-t-il demandé aux députés.
« Nous avons besoin de votre aide. Ne sous-estimez pas votre voix, elle compte en Palestine et en Israël, ceux qui œuvrent pour la paix ont besoin de l’entendre », a-t-il conclu. (Camille-Cerise Gessant)