István Nagy, ministre hongrois de l'Agriculture, a indiqué, lundi 7 octobre, lors de la présentation (tardive) des priorités de la Présidence actuelle du Conseil de l’UE en matière d’agriculture, qu’il souhaitait non pas enterrer, mais canaliser le débat sur la proposition visant à encadrer l’utilisation des nouvelles techniques génomiques (NTG).
« Il y a un malentendu, on ne veut pas enterrer le dossier, mais le canaliser. C’est la raison pour laquelle nous avons lancé de nouvelles questions pour sortir de l’impasse », a-t-il déclaré devant la commission de l’agriculture du Parlement européen. Herbert Dorfmann (PPE, italien) et Carlo Fidanza (CRE, italien) ont évoqué notamment ce dossier des NTG.
La Présidence hongroise du Conseil de l’UE a relancé le débat sur les NTG (EUROPE 13451/7). Plusieurs ministres de l’Agriculture ont demandé, au contraire, de progresser sur la base du texte de février 2024 soutenu par 17 pays (EUROPE 13472/6).
M. Nagy a insisté sur le besoin de dépasser les divergences afin de déterminer les contours d’une agriculture européenne du 21e siècle. Le Conseil 'Agriculture' espère ainsi adopter le 20 ou le 21 octobre des conclusions sur l’avenir de la politique agricole commune (PAC). Il s’est opposé à l’idée, dans les recommandations du dialogue stratégique, de supprimer les aides à la surface. « C'est une très mauvaise idée. Nous faisons en sorte que ça ne se concrétise pas. Les agriculteurs ont besoin de tous ces euros », a indiqué M. Nagy.
Dario Nardella (S&D, italien) l'a attaqué sur le démantèlement des structures agricoles familiales en Hongrie et l’accumulation des terres entre les mains des riches propriétaires terriens. L’attaque, venant aussi de Thomas Waitz (Verts/ALE, autrichien), « est à côté de la plaque », a protesté le ministre hongrois. « Bien sûr que nous nous intéressons aux petits agriculteurs. En 2010, quand nous sommes arrivés au gouvernement, il y avait 5 000 petits producteurs et ce chiffre est passé à 23 000 », a répondu M. Nagy. Il faut des aides pour encourager à cultiver toutes les terres, a-t-il défendu.
Il a fustigé les importations de produits agricoles de pays tiers qui arrivent dans l’UE « sans aucun contrôle ». Tous les aliments qui arrivent sur le territoire de l'UE doivent répondre aux mêmes exigences que les produits de l'UE, a conclu M. Nagy. (Lionel Changeur)