Les députés européens ont demandé à l’Union européenne, mardi 8 octobre, de jouer un rôle plus important dans le règlement de la situation au Proche-Orient.
Željana Zovko (PPE, croate) estime qu'« il faut parler de l’impact concret de nos initiatives (…), il est crucial que les peuples du Proche-Orient continuent d’avoir confiance dans la capacité de l’UE à offrir une aide cohérente et efficace face à l’instabilité ».
« L’UE doit jouer son rôle plein, même si c’est difficile. Il faut arriver à rapatrier les ressortissants de l’UE, demander un cessez-le-feu, libérer les otages et envoyer plus d’aide humanitaire. (…) L’UE doit faire entendre sa voix pour arriver à une solution de paix », a ajouté Hilde Vautmans (Renew Europe, belge).
Des propos qui rejoignent ceux de Yannis Maniatis (S&D, grec) et d'Alberico Gambino (ECR, italien). Le premier a plaidé pour une solution de paix « viable, durable, sur la base des résolutions de l’ONU et de deux États ». « On ne peut pas laisser les extrémistes des deux côtés laisser la région plonger dans la violence », a-t-il souligné.
Le second a promu une coopération entre l’Union, les Nations unies et les acteurs en présence. « Il faut continuer de soutenir la solution des deux États, par le biais de la diplomatie », a ajouté M. Gambino, rappelant que l’avenir de la région dépendait des choix pris aujourd’hui.
Villy Søvndal (Verts/ALE, danois) a insisté sur la nécessité d’accroître la pression sur le Hamas, le Hezbollah, mais aussi le gouvernement israélien. « Ils font tous obstacle à la paix en ce moment, il faut sortir de ce cercle vicieux », a-t-il expliqué. Il a appelé à l'arrêt des achats des produits des « zones occupées » et à la suspension d'une partie de l’accord d’association avec Israël.
« L’UE doit agir, suspendre les relations commerciales, introduire des sanctions. (…) Elle ne peut pas être complice en livrant des armes à Israël. L’Europe doit cesser cette protection diplomatique d’un génocide », a ajouté Lynn Boylan (La Gauche, irlandaise).
De son côté, Sebastiaan Stöteler (PfE, néerlandais) a estimé qu’Israël méritait le même soutien que celui apporté à l’Ukraine. « Il n’y a pas eu d’appel au cessez-le-feu quand la Russie a envahi l’Ukraine et la Commission européenne a arboré les couleurs de l’Ukraine. Israël mérite le même genre de réactions et de soutien, le Hezbollah doit être traité comme tout autre groupe terroriste », a-t-il souligné.
En ouverture de débat, le Haut Représentant de l'UE, Josep Borrell, avait mis l'accent sur le Liban. Il a appelé à l'élection d'un président, dans l'impasse depuis plus de deux ans, à un appui à l'armée libanaise, au renforcement du mandat de la mission onusienne FINUL et, enfin, à une aide matérielle et humanitaire. Il a demandé de la clarté sur l'aide d'un milliard d'euros promis par la présidente de la Commission au printemps (EUROPE 13403/1), appelant à un calendrier pour le décaissement du soutien.
M. Borrell estime que nous sommes à « l'heure de vérité ». « Sommes-nous véritablement capables d’aider le Liban ? », s'est-il interrogé, tout en rappelant qu'il appartenait avant tout à la classe politique libanaise de prendre ses responsabilités. (Camille-Cerise Gessant)