La commission du commerce international (INTA) du Parlement européen soutient globalement l’enquête de la Commission européenne sur les véhicules électriques chinois, à l’exception claire du groupe 'Patriotes pour l’Europe' (PfE), troisième force au Parlement européen, qui se prononce contre les barrières douanières. La commission INTA a débattu de ce sujet lundi 30 septembre alors que les États membres pourraient se prononcer sur les tarifs vendredi 4 octobre, selon plusieurs médias.
Pour les coordinateurs des deux plus grands groupes au PE, Jorgen Warbron (PPE, suédois) et Brando Benifei (S&D, italien), la Commission européenne doit absolument poursuivre les négociations autour d’une solution alternative aux tarifs. « Les outils de défense commerciale ne devraient intervenir qu'en dernier recours et ne devraient pas risquer de nuire à notre propre industrie », a souligné Jorgen Warborn.
Au PPE, S&D, ainsi que chez CRE, Renew Europe, les Verts/ALE et La Gauche, plusieurs voix se sont élevées pour défendre clairement l’imposition de tarifs.
La coordinatrice de Renew Europe, Marie-Pierre Vedrenne (française), a regretté que certains élus en décrient l’usage : « Tout le monde dit qu’il faut une concurrence loyale et équitable. Et ensuite nous ne serions pas en soutien de la Commission européenne ? » Elle a jugé l’enquête et les résultats de la Commission « proportionnés ».
« Il faut que la Commission reste ferme et il faut aussi que les États membres ne cèdent pas au chantage chinois », a ajouté son compatriote Raphaël Glucksmann (S&D).
Au sein du groupe PfE, la ligne est autre, avec le sentiment que les tarifs ne feraient que nuire aux industriels européens. « Ce n’est pas dans l’intérêt du secteur automobile européen. Nous voulions initialement le protéger, mais lui-même n’en veut pas. Il craint des réactions de rétorsion. Je ne suis pas convaincue non plus que ce soit dans l’intérêt des consommateurs, car ils veulent avoir accès à des produits moins chers », a affirmé Enikő Győri (PfE, hongroise).
Certaines voix plus nuancées, issues des groupes S&D et PPE, ont émis des doutes sur les droits de douane supplémentaires, craignant une guerre commerciale et des répercussions trop importantes pour le secteur agroalimentaire européen, la Chine ayant ouvert plusieurs enquêtes antisubventions et antidumping sur des produits agricoles européens depuis janvier.
« Le secteur agroalimentaire est souvent la première victime des guerres commerciales. Il faut œuvrer à un accord et éviter qu’il y ait des victimes », a plaidé Cristina Maestre (S&D, espagnole).
Le chef de l’unité ‘défense commerciale’ de la Commission européenne, Martin Lukas, a précisé que les discussions se poursuivaient de manière intense entre l'UE et la Chine et qu’elles pouvaient continuer même après l’imposition de tarifs.
Les négociateurs se penchent actuellement sur les offres de prix (‘price undertaking offers’) qu'appliqueraient les entreprises chinoises pour ne pas exporter vers l'UE les véhicules électriques visés en dessous d’un certain prix. (Léa Marchal)