Le Haut Représentant de l’UE, Josep Borrell, a appelé les États membres à s’engager pour préserver les institutions étatiques, lundi 30 septembre dans la soirée, alors que des frappes israéliennes ont touché Beyrouth et qu’un million de Libanais auraient déjà été déplacés.
« C’est le moment de vérité pour le Liban, pris au milieu de la guerre », a-t-il souligné à l’issue d’un Conseil extraordinaire informel des ministres des Affaires étrangères européens convoqué en urgence.
« L'UE doit s'engager collectivement à préserver les institutions étatiques d’un risque d'effondrement », a ajouté M. Borrell. « Tous les dirigeants libanais devraient maintenant mettre l'intérêt national au premier plan et travailler ensemble pour restaurer les institutions, notamment en élisant un président ou en formant un gouvernement », a-t-il plaidé.
Et si Israël cible les dirigeants du Hezbollah, cela représente une violation de la souveraineté du Liban, a ajouté le Haut Représentant qui a estimé que « plus que jamais » les forces armées libanaises étaient appelées à jouer un rôle essentiel en tant qu’acteurs de la stabilité nationale et régionale.
« L'État doit avoir le monopole de l’utilisation de la violence et c'est très loin de ce qui se passe au Liban. Les forces armées libanaises, qui sont le noyau de la société libanaise et de l'État, doivent continuer à jouer un rôle essentiel et, pour cela, elles ont besoin de notre soutien », a-t-il souligné. Le Haut Représentant a annoncé que l’UE, qui vient d’adopter un soutien de 15 millions d’euros pour les forces armées libanaises (EUROPE 13489/8), pourrait accroître ce soutien.
Il a aussi appelé toutes les parties libanaises à contribuer au renforcement des forces armées, se disant prêt à coordonner et à faciliter les efforts internationaux selon les besoins.
Le Haut Représentant a ajouté que l'UE et ses États membres étaient prêts à s'appuyer sur leur soutien constant à la mission des Nations Unies au Liban, la FINUL, pour faciliter l'accomplissement de sa mission et renforcer son rôle dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Et alors qu'Israël aurait informé Washington d'opérations terrestres « limitées » au Liban, M. Borrell a réitéré l'appel de l'UE à un cessez-le-feu. « Les armes doivent maintenant se taire et la voix de la diplomatie doit parler et être entendue par tous », a souligné M. Borrell. Il a expliqué que les attaques du Hezbollah sur Israël devaient cesser et que toute nouvelle intervention militaire « aggraverait considérablement » la situation et devait être évitée. (Camille-Cerise Gessant)