Les Pays-Bas, la France et l’Allemagne ont demandé à la Commission européenne un report du système ‘Entrée/Sortie’ de l’Union européenne, appelé aussi 'système des frontières intelligentes de l'UE', qui doit entrer en vigueur le 10 novembre, après des années de retard, a indiqué le 27 septembre le quotidien Financial Times.
Adopté en 2017, l’EES est un nouveau système automatisé de collecte numérique des données personnelles de ressortissants de pays tiers à l’UE, qu’ils soient soumis ou non à une obligation de visa, qui s’effectuera à l’entrée et à la sortie de l’espace Schengen.
Il doit remplacer l’apposition manuelle d’un cachet sur les passeports des ressortissants de pays tiers et permettra de contrôler électroniquement les entrées, les sorties, les refus d’entrée et les durées de séjour des ressortissants de pays non membres de l’UE franchissant les frontières extérieures de l’espace Schengen pour un court séjour (maximum 90 jours sur une période totale de 180 jours), de façon à pouvoir détecter tout de suite un dépassement ou une infraction.
Selon le quotidien, les aéroports de ces pays ne seraient cependant pas prêts technologiquement à mettre en place le nouveau dispositif, et la structure générale d’interopérabilité, pilotée par l’agence européenne eu-LISA, ne serait pas non plus complètement opérationnelle.
Le dispositif d’interopérabilité globale des systèmes d’information européens accumule les retards depuis plusieurs années. En mars 2023, la Présidence suédoise du Conseil de l’UE alertait déjà sur les problèmes techniques et sur les difficultés rencontrées avec des prestataires ; cela, alors que le EES devait démarrer en mai 2023 (EUROPE 13136/6).
Un retard dans la mise en service du système EES peut avoir un effet d'entraînement sur d'autres systèmes d'information de l'UE, en particulier le système européen d'information et d'autorisation pour les voyages (ETIAS), avait-elle aussi alerté.
Adoptés en 2019, les règlements sur l’interopérabilité des systèmes d’information visent en effet à relier entre eux le Système d’information Schengen, le Système d’information sur les visas, le système d’autorisation de voyages ETIAS (qui doit entrer en vigueur en 2025), le Système 'Entrée/Sortie' et le Système européen d’information sur les casiers judiciaires.
Contactée par Agence Europe, la Commission européenne n'avait pas répondu à nos demandes de confirmation à l'heure de notre bouclage ni fourni de commentaires. (Solenn Paulic)