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Bulletin Quotidien Europe N° 13493
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POLITIQUES SECTORIELLES / Justice

Laura Kövesi appelle à un renforcement des moyens pour le Parquet européen face à la montée de la criminalité organisée

« Nous pensions que notre travail serait de protéger les intérêts financiers de l'Union, mais en réalité, nous défendons également notre sécurité interne. » Lundi 30 septembre, lors d'un échange avec les eurodéputés de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures du Parlement européen, Laura Kövesi, Procureur en chef du Parquet européen (EPPO), a affirmé que la nature des crimes rencontrés par son bureau allait bien au-delà des prévisions initiales, avec une forte implication du crime organisé et des menaces pour la sécurité de l'Union européenne.

Dressant le bilan des activités de l'EPPO depuis son lancement en juin 2021, elle a notamment souligné l'implication croissante des groupes criminels organisés dans des fraudes massives à la TVA. « Le crime organisé, qui était autrefois associé au trafic de drogues ou d’êtres humains, se concentre désormais sur des fraudes moins risquées et tout aussi lucratives », a-t-elle ajouté.

Malgré les résultats impressionnants de l’EPPO, Laura Kövesi n’a pas caché ses inquiétudes quant aux ressources insuffisantes mises à disposition de son bureau. Au cours des échanges, plusieurs députés européens, notamment Saskia Bricmont (Verts/ALE, belge), ont soulevé la question du budget de l’EPPO et la nécessité d’un financement adapté pour lui permettre de remplir pleinement son mandat. 

Mme Kövesi a exprimé sa frustration face aux ressources limitées allouées à son bureau : « Je ne devrais pas avoir à mendier pour obtenir les fonds nécessaires à l’accomplissement de mon devoir », a-t-elle martelé.

 Elle a ainsi souligné que le budget alloué à l’EPPO depuis sa création a été largement sous-estimé.

La procureure a expliqué que le manque de ressources compromet la capacité de l'EPPO à mener des enquêtes complexes, en particulier celles impliquant des réseaux criminels transnationaux. « Je n'ai que deux options : soit je ne paie pas les factures, soit je réduis nos activités. Que dois-je faire ? »

Ce manque de financement mettrait en péril la capacité de l'EPPO à protéger les finances de l'Union européenne de manière efficace.

Et pour cause, l’EPPO enquête actuellement sur plus de 2000 affaires, avec des dommages estimés à 23 milliards d’euros. Ces enquêtes couvrent des fraudes complexes qui impliquent souvent des groupes criminels violents opérant dans plusieurs États membres. Mme Kövesi a rappelé que ces fraudes, comme celle mise au jour dans l'enquête 'Admiral', représentent des pertes colossales pour les budgets publics. 

Elle a plaidé pour un renforcement des ressources financières, surtout dans le contexte du prochain cadre financier pluriannuel, mais aussi pour la mise en place d’enquêteurs spécialisés dans chaque État membre. Selon elle, la collaboration avec Europol est cruciale, mais Europol lui-même manque de moyens pour soutenir les enquêtes de l’EPPO :«  Nous sommes allés voir Europol. Pouvez-vous nous aider avec ça ? Ils ont dit, en théorie, nous le pouvons. En pratique, nous n'avons pas assez de ressources. »

Enfin, elle a également évoqué une révision urgente du règlement régissant l'EPPO, afin de clarifier ses compétences et de permettre une meilleure coordination avec les autorités nationales. (Nithya Paquiry

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