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Bulletin Quotidien Europe N° 13493
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POLITIQUES SECTORIELLES / Agriculture

Les 'plans stratégiques PAC' 2023-2027 « ne sont pas à la hauteur » des ambitions en matière de climat, selon la Cour des comptes de l'UE 

Les plans stratégiques mettant en œuvre la politique agricole commune (PAC) 2023-2027 ne sont pas véritablement en phase avec les objectifs de l'Union européenne découlant du 'Pacte vert européen', selon un rapport de la Cour des comptes de l'UE publié lundi 30 septembre.

La réglementation n’impose pas aux États membres de fournir, dans leurs plans agricoles, une estimation des contributions de la PAC à la réalisation des objectifs du 'Pacte vert', regrette la Cour, qui a analysé les plans stratégiques de 4 pays (Irlande, Espagne, France, Pologne).

En raison de l'assouplissement de certaines exigences liées à la conditionnalité (comme la rotation des cultures) en réponse aux protestations des agriculteurs, l’impact écologique des plans stratégiques pourrait être moindre encore.

« Les plans sont plus écologiques qu'au cours de la période précédente, mais ils ne sont pas à la hauteur des ambitions de l'UE en matière de climat et d'environnement. Nous avons également constaté l'absence d'éléments clés pour l'évaluation de la performance écologique », a ainsi résumé l’auteur de l’audit, Nikolaos Milionis.

Il a expliqué que les États membres « n'ont généralement pas estimé dans quelle mesure la PAC contribuerait à atteindre les objectifs ». Certains objectifs ne seront probablement pas atteints, comme celui qui consiste à consacrer un quart des terres à l'agriculture biologique d'ici 2030. « Les ventes de pesticides n'ont pas diminué au cours des dix dernières années », a relevé également Nikolaos Milionis. En outre, l’audit a montré que les mesures d'atténuation du changement climatique « ne s'attaquent pas au problème de l'élevage, qui représente plus de la moitié des émissions provenant de l'agriculture », a-t-il ajouté.

« Peu de mesures ont été prises pour une adaptation au changement climatique, comme l'adoption de cultures mieux adaptées à la sécheresse », a insisté le membre de la Cour des comptes.

Écorégimes. En Irlande et en France, les écorégimes consistent essentiellement à poursuivre les pratiques écologiques existantes en matière d’agriculture, déplore l'audit. En Espagne et en Pologne, « nous avons rencontré des cas dans lesquels les pratiques écologiques ont pu être étendues, mais aucune donnée permettant d’évaluer le changement global produit par les écorégimes », selon le rapport. 

Le rapport montre aussi que les plans prévoient certaines pratiques essentielles liées, par exemple, au pâturage extensif, à la gestion des effluents d’élevage, à l’agriculture de précision, aux cultures de couverture, à la réduction du travail du sol et à la préservation de la biodiversité.

Néanmoins, « d’autres pratiques essentielles ne sont guère couvertes dans les quatre plans examinés. Les émissions de méthane dues à la fermentation entérique sont responsables de près de la moitié des émissions totales de gaz à effet de serre d’origine agricole. Pourtant, dans les quatre plans, très peu d’interventions concernent cet aspect ».

L’Irlande et la Pologne disposent de vastes zones de tourbières, mais il n’est guère question de mesures de restauration dans le plan des deux pays. L’Espagne a prévu une intervention concernant notamment des cultures résistantes à la sécheresse, mais uniquement à titre facultatif, tandis que, dans les trois autres plans, « nous n’avons trouvé aucune mesure promouvant spécifiquement cette pratique », lit-on dans le rapport.

Lien vers le rapport: https://aeur.eu/f/dni  (Lionel Changeur

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