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Bulletin Quotidien Europe N° 13493
POLITIQUES SECTORIELLES / CompÉtitivitÉ

Plus l’UE renforcera le marché intérieur, moins elle aura besoin de financements publics, estime Mario Draghi

Mario Draghi a tenté de mettre entre parenthèses son appel à investir massivement pour la compétitivité, lors d’une conférence au centre de réflexion Bruegel, lundi 30 septembre. Interrogé de toutes parts sur sa proposition de faire à nouveau usage de la dette commune, il a relativisé l’importance de cette partie par rapport à l’ensemble de son rapport. « Pour autant que j’aime ce concept, mais ce n’est pas un ingrédient essentiel du rapport », a-t-il assuré, avant d’expliquer toutefois pourquoi il suggérait le recours à une dette commune plutôt qu’à une augmentation du budget de l’UE.

M. Draghi s’est également expliqué sur les 800 milliards d’euros d’investissements nécessaires, selon lui. Il a d'ailleurs précisé à quel point la méthode de calcul était « conservatrice » et que les besoins réels seraient bien plus importants encore.

Toutefois son message, lors de la conférence, était plutôt que l’UE avait fort à faire pour augmenter sa productivité et renforcer son marché intérieur. Elle pourra ainsi garder ses entreprises sur son territoire, leur permettre de grandir et enfin attirer la plus grande part possible de financements privés. « Si nous réformons la structure du marché intérieur et l’intégrons parfaitement et rapidement, le volume de financements publics sera réduit », a-t-il expliqué.

Plus tard, durant la même journée du 30 septembre, les membres de la commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs (IMCO) du Parlement européen ont débattu du rapport sur l’avenir de la compétitivité européenne, sans la présence de son auteur toutefois, qui a déjà fait face au Parlement européen à Strasbourg le 17 septembre (EUROPE 13484/7).

À l'image du rapport, les remarques des députés ont été larges et diverses, mais le sujet de la réduction de la charge administrative est celui qui est revenu le plus souvent dans la discussion. Parmi les groupes Renew Europe, PPE, PfE ou encore CRE, il est évident que les entreprises font les frais d'une charge administrative et réglementaire parfois trop lourde, par rapport à leurs concurrents chinois ou américains. La plupart des membres de ces groupes ont appelé à réfléchir de manière urgente sur cette question.

« Nous devons nous pencher sur les règles additionnelles que nous créons. Il n'y a aucun doute sur le fait que nous avons besoin de règles, mais nous pouvons aussi regarder comment nous faisons ces règles », a suggéré Christel Schaldemose (S&D, danoise).

Son groupe, mais aussi celui des Verts/ALE et celui de La Gauche, se veut généralement plus prudent sur la question. Quelques députés de ces rangs ont mis en garde contre un affaiblissement des règles existantes qui protègent à la fois les consommateurs et les entreprises, selon eux. (Léa Marchal)

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