La Commission européenne a obtenu l’aval des Vingt-sept pour imposer des tarifs sur les véhicules électriques à batteries chinois, vendredi 4 octobre. Selon plusieurs sources, cinq pays ont voté contre le règlement d’exécution proposé par la Commission, sans pouvoir le renverser : l’Allemagne, la Hongrie, Malte, la Slovaquie et la Slovénie. La Commission a donc le feu vert pour publier son texte, avant le 30 octobre. Les négociations avec la Chine se poursuivent en parallèle pour tenter de trouver une solution alternative.
Ces efforts portent surtout sur les offres d’engagements de prix soumises par les entreprises chinoises afin de respecter un prix minimal pour leurs exportations de véhicules électriques vers l’UE.
Si de tels accords étaient trouvés à l'avenir avec des entreprises chinoises, la Commission publierait une révision du règlement pour inclure la spécificité des compagnies concernées, qui ne seraient plus sujettes aux droits compensateurs.
De nombreux secteurs inquiets. Réagissant au résultat du vote, la Chambre de commerce chinoise s’est dite déçue de ces mesures « protectionnistes » et a appelé l’UE à « retarder la mise en œuvre des tarifs ».
L’association automobile allemande VDA a appelé à trouver une solution négociée, tout comme l’ACEA, qui représente les fabricants automobiles européens. Ces derniers craignent une guerre commerciale avec la Chine.
« Le résultat de l’enquête n’est pas non plus convaincant concernant les taux des tarifs annoncés : les producteurs européens et allemands en particulier qui exportent depuis la Chine vers l’UE seront soumis à des droits supérieurs à certains de leurs compétiteurs en Chine ou aux États-Unis », a dénoncé la Présidente de la VDA, Hildegard Müller.
Les entreprises allemandes concernées sont soumises au tarif de 20,7%. Celui-ci est calculé grâce à la moyenne des subventions reçues par toutes les entreprises ayant coopéré à l’enquête.
En revanche, les entreprises chinoises BYD et Geely sont sujettes à un droit de 17 et 18,8% respectivement, car elles ont fait partie de l’échantillon et bénéficient donc d’un taux plus précis en fonction des subventions reçues.
Le tarif le plus élevé (35,3%) touche les entreprises n'ayant pas coopéré à l’enquête. Il se base sur les subventions reçues par l’entreprise SAIC, qui faisait également partie de l’échantillon et qui a reçu plus de subventions que les deux autres entreprises échantillonnées.
Le représentant du cognac en France, la BNIC, a regretté la validation des tarifs, alors que les spiritueux européens sont sujets à une enquête chinoise qui a déjà conclu provisoirement à un dumping (EUROPE 13471/6). « Nos demandes de report du vote et de solution négociée ont été ignorées. Les autorités françaises nous ont abandonnés », a déclaré la BNIC. La France fait partie des pays qui ont voté en faveur des tarifs.
L’industrie de la viande porcine ainsi que celle des produits laitiers dans l’UE s’inquiètent également de la situation, alors que la Chine vise aussi leurs exportations. L’Espagne, première exportatrice de viande porcine vers la Chine, s’est abstenue lors du vote.
Jeudi 3 octobre, le ministre espagnol de l’Économie, Carlos Cuerpo, a transmis une lettre au commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis, plaidant pour garder ouvertes les négociations avec la Chine. « L’enjeu est immense pour notre industrie domestique », a-t-il affirmé dans cette lettre vue par Reuters. (Léa Marchal)