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Bulletin Quotidien Europe N° 13494
SÉCURITÉ - DÉFENSE - ESPACE / Otan

Mark Rutte prend la tête de l’Alliance atlantique

L’ancien premier ministre néerlandais, Mark Rutte, est devenu, mardi 1er octobre, le nouveau secrétaire général de l’OTAN, en succédant à Jens Stoltenberg, en poste depuis 10 ans.

« L’OTAN est l’alliance politico-militaire la plus efficace de l’histoire. Mais les Alliés de l’OTAN sont confrontés à de sérieux défis. Et nous avons du travail à faire », a-t-il reconnu devant les médias.

S’affichant dans la continuité de son prédécesseur, M. Rutte a présenté ses trois priorités. Il s’agit tout d’abord de soutenir l’Ukraine dans sa lutte contre l’agression russe.

« C'est la bonne chose à faire. Et c’est aussi un investissement dans notre propre sécurité, car une Ukraine indépendante et démocratique est vitale pour la paix et la stabilité en Europe », a souligné le secrétaire général, estimant que le coût du soutien à l’Ukraine était bien inférieur à celui auquel les Alliés seraient confrontés s’ils laissaient Poutine obtenir ce qu’il veut.

M. Rutte a promis qu’il travaillerait avec les Alliés pour mettre pleinement en œuvre les décisions prises lors du sommet de Washington et pour continuer de rapprocher l’Ukraine de l’Alliance (EUROPE 13450/1).

« En soutenant l’industrie militaire russe, la Chine est devenue un élément décisif de la guerre menée par la Russie en Ukraine. La Chine ne peut pas continuer à alimenter le plus grand conflit en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale sans que cela nuise à ses intérêts et à sa réputation », a aussi prévenu M. Rutte.

Le nouveau secrétaire général souhaite également continuer à renforcer la dissuasion et la défense et avoir les capacités de protéger les alliés contre tout type de menaces.

Si l’Alliance a fait, cette dernière décennie, « d’énormes progrès » dans le domaine, « il faut aller plus loin et plus vite », a expliqué M. Rutte. « Nous avons besoin de forces plus nombreuses et mieux équipées, d’une industrie de défense transatlantique plus robuste, d’une capacité de production de défense accrue, d’investissements plus importants dans l’innovation, des chaînes d’approvisionnement sécurisées », a-t-il énuméré. Il a fait de l'industrie une priorité, « car, sans une industrie de défense transatlantique forte, il ne peut y avoir de défense claire ». Lors du sommet de Washington, en juillet, les dirigeants des pays de l'OTAN se sont engagés dans le renforcement de l'industrie de défense (EUROPE 13451/3, 13450/3).

Contrairement à sa doctrine en tant que Premier ministre d’un État dit 'frugal', M. Rutte ‘secrétaire général’ a appelé à dépenser plus. « Pour que nos capacités correspondent véritablement à nos besoins, nous devons consacrer beaucoup plus de dépenses à la défense », a-t-il expliqué. Ainsi, le secrétaire général travaillera avec les Alliés pour veiller à ce qu’ils investissent « suffisamment, dans les bons domaines », et à ce qu’ils assument « équitablement la charge de la défense collective ». « Nous devons chacun payer notre juste part », a-t-il insisté. 23 Alliés, y compris les Pays-Bas, dépensent a minima 2% de leur PIB en défense.

Enfin, M. Rutte veut se pencher sur les défis mondiaux « croissants » pour la sécurité euro-atlantique. Cela doit passer par un renforcement des partenariats avec les pays partageant les valeurs des Alliés.

« L’Union européenne est le partenaire unique et essentiel de l’OTAN. Notre coopération pourrait être renforcée dans de nombreux domaines : du soutien à l’Ukraine à la lutte contre les menaces hybrides », a plaidé M. Rutte. Il a en outre salué les efforts de l'UE en matière de défense. « Je pense qu'il y a une reconnaissance claire, tant du côté de l'OTAN que du côté de l'UE, que nous apprécions tous deux une défense européenne plus performante, bien sûr complémentaire et interopérable avec l'OTAN. (…) Personne ne veut de structures parallèles, de duplication de ce que l'OTAN fait déjà », a-t-il expliqué.

Le secrétaire général a également mis en avant le renforcement de l’engagement de l’OTAN avec les partenaires du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord et du Sahel « pour favoriser la stabilité dans notre voisinage méridional ». L'Alliance s'est dotée, en juillet, d'un représentant spécial pour le voisinage sud en la personne de Javier Colomina (EUROPE 13459/39).

La coopération avec les partenaires de la région indopacifique sera aussi promue. Pour la toute première fois, les ministres de la Défense de l’Australie, du Japon, de la Nouvelle-Zélande et de la Corée du Sud participeront à une réunion de l’OTAN les 17 et 18 octobre prochains. (Camille-Cerise Gessant)

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