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Bulletin Quotidien Europe N° 13494
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CONSEIL DE L'EUROPE / Justice

Auditionné au Conseil de l’Europe, Julian Assange dénonce « le climat effrayant qui pèse sur la liberté d’information »

Libéré en juin dernier sur un accord de « plaider coupable » conclu avec le ministère américain de la Justice, Julian Assange a réservé sa première apparition publique à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, où il a été auditionné par la commission des affaires juridique et des droits de l’homme dans la matinée de mardi 1er octobre.

Manifestement très fatigué, le fondateur de WikiLeaks était accompagné de son épouse, Stella, et de l’un de ses plus anciens compagnons de route, l’Islandais Kristinn Hrafnsson, journaliste d'investigation aujourd'hui rédacteur en chef de WikiLeaks.

« Ma vie hors cellule va exiger beaucoup d’ajustements », a-t-il confié avant de revenir sur l’accord qui lui a permis de regagner l’Australie, où il vit désormais avec sa famille.

« J’ai plaidé coupable de journalisme. J’ai plaidé coupable d’avoir réclamé de l’information auprès d’une source [la lanceuse d’alerte Chelsea Manning, NDLR]. J’ai fini par choisir la liberté après avoir attendu une justice qui ne venait pas alors que je risquais d’être condamné à 175 années de prison ».

Poursuivi pour avoir divulgué, à partir de 2010 et en partenariat avec de grands médias internationaux, des centaines de milliers de documents classifiés concernant les activités militaires et diplomatiques des États-Unis ainsi que des récits d’exécutions extrajudiciaires et de collecte de renseignements contre des alliés de Washington, Julian Assange a en effet passé sept années cloîtré dans l’ambassade d’Équateur à Londres, avant d’être incarcéré en 2019 dans la prison de haute sécurité de Belmarsh jusqu’à ce qu’intervienne cet accord de « plaider coupable » « pour obtention et divulgation d’informations sur la sécurité nationale ».

Il a alors été condamné à une peine déjà purgée en détention provisoire et a pu être libéré.

Son audition devant la commission des affaires juridiques et des droits de l’homme de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe est liée au débat qui se tiendra, mercredi 2 octobre, autour d’un rapport sur « la détention et la condamnation de Julian Assange et leurs effets dissuasifs sur les droits de l’homme », rédigé par la socialiste islandaise Thorhildur Sunna Ævarsdóttir (Parti pirate).

« Julian Assange a fait ce que font les journalistes d’investigation. Il a recueilli des informations auprès de sources et les a publiées. C’est le lanceur d’alerte qui a été poursuivi, pas les criminels, mais celui qui dénonce les crimes », a-t-elle déclaré.

Très circonstancié, le rapport est assorti d’une résolution qui demande notamment aux États-Unis - État observateur au Conseil de l’Europe - de réformer d’urgence la loi sur l’espionnage de 1917 et d’en exclure les journalistes et lanceurs d’alerte lorsqu’ils informent « sur des crimes graves tels que le meurtre, la torture, la corruption ou la surveillance illégale ».

Elle invite aussi le Royaume-Uni à revoir d’urgence sa législation en matière d’extradition afin d’en préserver les personnes poursuivies pour raisons politiques.

Les 46 États membres du Conseil de l’Europe, quant à eux, sont priés d’accorder leur protection aux lanceurs d’alerte qui dénoncent les activités illégales de leur gouvernement.

« L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, qui est l’une des grandes puissances normatives au monde, doit agir face à une répression internationale qui ne peut pas devenir la norme », a insisté M. Assange.

Il a dit constater aujourd’hui « encore plus de vengeance contre ceux qui disent la vérité, encore plus d’autocensure ».

« Un climat effrayant pèse sur la liberté d’information », insiste-t-il, « quand de puissantes nations se sentent légitimes à viser des individus au-delà de leurs frontières, ces individus n’ont aucune chance, à part s’il existe des garde-fous solides et un État déterminé à les mettre en œuvre ».

« Ce qui m’est arrivé ne doit plus arriver à aucun journaliste », a-t-il conclu. (Véronique Leblanc)

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