Un millier de travailleurs essentiels venus de toute l’UE se sont rassemblés à Bruxelles, mardi 1er octobre, pour demander une révision de la directive européenne sur les marchés publics et l’introduction de critères sociaux afin de permettre de meilleurs salaires et conditions de travail.
Près de 1 000 nettoyeurs, agents de sécurité et employés des services de restauration, y compris des institutions européennes, accompagnés par les syndicats comme UNI Europa ou la FGTB, se sont réunis sur la place Jean Rey, près du Conseil de l’UE, pour appeler la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, à tenir sa promesse d’une révision de cet outil. Les travailleurs venaient de neuf pays de l’UE.
Prenant la parole successivement, ils ont appelé Mme von der Leyen à faire cesser la course vers « les prix les plus bas » au détriment des conditions de travail et à développer les accords collectifs pour ces travailleurs. Ils ont aussi estimé que les pénuries de travailleurs dans ces secteurs sont liées aux rémunérations et aux conditions de travail.
Et ils se sont dits « vigilants » quant aux engagements de la présidente, promettant de maintenir la pression.
Pour le moment, aucun calendrier clair n’existe pour cette nouvelle directive annoncée en juillet dans les lignes politiques de la présidente élue.
Pour certains participants à la manifestation, à laquelle ont notamment pris part les députées belge, française et finlandaise, Estelle Ceulemans (S&D), Leïla Chaibi (La Gauche) et Li Andersson (La Gauche) - par ailleurs présidente de la commission 'Emploi et affaires sociales' du PE -, il convient aussi de s’assurer que cette révision introduira bien des critères sociaux alors que Mme von der Leyen ne l’a pas explicitement indiqué.
La rédaction de cette nouvelle directive a été confiée au candidat commissaire français, Stéphane Séjourné, qui pourrait devenir le vice-président exécutif chargé de la Prospérité et de la Stratégie industrielle. Certains manifestants ont espéré que la DG EMPL de la Commission puisse être associée à ce travail.
« Nous connaissons, par les travailleurs essentiels, les bas salaires et la précarité sociale omniprésents que créent les règles actuelles de l'UE en matière de marchés publics. Ces problèmes sont les mêmes partout en Europe. Ils sont causés par une mauvaise réglementation européenne et nécessitent donc une solution à l'échelle de l'UE », a commenté Oliver Roethig, le secrétaire régional d’UNI Europa. (Solenn Paulic)