Soulignant les bases d’un « changement profond » jetées dans le domaine énergétique lors de la législature 2019-2024, la commissaire européenne sortante à l’Énergie, Kadri Simson, a reconnu, tout comme un grand nombre d’eurodéputés, que l’UE n’avançait pas assez rapidement pour baisser les prix de l’énergie et atteindre ses objectifs de décarbonation.
Elle s’est exprimée lors d’un débat sur le rapport sur l’état de l’Union de l’énergie 2024 (EUROPE 13480/2), en séance plénière du Parlement européen à Strasbourg, mardi 17 septembre.
« Entre 2021 et 2023, nous avons augmenté notre capacité d’énergie éolienne et solaire de 36% (…), mais nous devons maintenir cette cadence et accélérer, si nous voulons passer de 23% d’énergies renouvelables dans notre mix énergétique l’année passée à 42,5% en 2030 », a rappelé la commissaire.
Virgil-Daniel Popescu (PPE, roumain) estime qu'il ne sera possible d’atteindre les objectifs climatiques à l’horizon 2030 qu’en améliorant l’efficacité énergétique, en accélérant l’électrification pour des secteurs comme le chauffage, mais aussi en augmentant la production d’hydrogène et d’énergie nucléaire, notamment en développant les petits réacteurs modulaires (PRM).
Il a également appelé à améliorer l’interconnexion de l’Europe du Sud-est avec l’Europe de l’Ouest, faisant référence à une lettre adressée par la Grèce à la Commission européenne le 13 septembre (EUROPE 13482/16) alertant sur une hausse importante des prix dans la région depuis l’été.
« La Commission doit faire quelque chose. Il faut augmenter l’interconnexion entre nos ◘États et faire en sorte que l’énergie circule librement entre le nord et le sud et entre l’ouest et l’est », a-t-il déclaré.
Plusieurs autres députés ont également insisté sur l'importance d'investir massivement dans les infrastructures énergétiques - la Commission estimant que 584 milliards d’euros seront nécessaires cette décennie rien que pour développer les réseaux électriques.
Pour Christophe Grudler (Renew Europe, français), il est également important d’investir dans les moyens de stockage : « Nous n’avons pas le luxe - ni le budget - de gaspiller de l’énergie, surtout si nous investissons massivement pour qu’elle soit décarbonée ».
Mme Simson a également appelé une nouvelle fois les États membres retardataires à soumettre leur plan national définitif Énergie-Climat (EUROPE 13480/2) et a reconnu l’importance d’éliminer les 18% d’importations de gaz russe restantes.
Sur ce point, Michael Bloss (Verts/ALE, allemand) a regretté le transfert de « milliards d’euros vers des dictateurs ». « Les 18% que nous importons encore de la Russie ne représentent pas un succès. C’est beaucoup trop, parce que cela permet de financer des missiles qui sont envoyés sur l’Ukraine », a-t-il alerté.
Nicolás González Casares (S&D, espagnol), quant à lui, a souligné les problématiques liées à la compétitivité de l’Europe, soulignées par le rapport 'Draghi' (voir autre nouvelle), et a estimé que la mise en œuvre de la directive sur les énergies renouvelables et la réforme du marché européen de l’électricité - adoptée l’année passée et pour laquelle il avait été rapporteur principal (EUROPE 13389/12) - sera une solution pour faire face aux prix élevés de l’électricité en Europe.
Pour revoir le rapport sur l’état de l’Union de l’énergie : https://aeur.eu/f/dgl (Pauline Denys)