Les eurodéputés ont débattu lundi 16 septembre à Strasbourg des conséquences de l’attaque terroriste de Solingen en Allemagne le 23 août et des moyens de prévenir ces actes, comme l’expliquait l’intitulé du débat, en luttant davantage contre la migration illégale et en augmentant les retours.
L’auteur de cette attaque ayant tué trois personnes est un ressortissant syrien, soupçonné d’être lié à l’État syrien et qui devait être renvoyé en Bulgarie.
Lors de ce débat, la commissaire sortante aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, a rappelé l’action de la Commission ces cinq dernières années, qui a « renforcé la lutte contre le terrorisme » avec le « tout premier agenda de lutte contre le terrorisme en 15 ans ».
Elle s’est aussi félicitée que les États membres utilisent de plus en plus le règlement européen sur le retrait des contenus terroristes en ligne et qu’un « hub de connaissances contre la radicalisation » ait vu le jour en juin. « Mais ce n’est pas suffisant et la lutte contre le terrorisme reste un grand défi ».
Sur la migration et les retours, « nous avons franchi des étapes décisives » avec le 'Pacte asile et migration', qui crée pour la première un système de filtrage aux frontières extérieures de l’UE.
La commissaire a aussi expliqué que les retours effectifs de personnes en situation irrégulière avaient augmenté de 32% par rapport à 2023.
« Il n’y a pas de temps à perdre », a ajouté la commissaire, appelant les États membres à mettre en œuvre le Pacte le plus vite possible.
Dans l’hémicycle, le PPE a insisté sur une politique de retours plus efficace alors que le Pacte seul ne suffira pas à résoudre le problème. Les représentants des Patriotes pour l’Europe et des conservateurs du CRE ont rappelé que, sur 100 000 citoyens non européens ayant reçu l'ordre de quitter l'UE au premier trimestre 2024, seuls 30 000 sont effectivement partis. « La directive sur le retour doit être réformée d'urgence », a demandé le groupe des Patriotes pour l’Europe. « Malheureusement, le nouveau paquet sur la migration et l'asile d'avril maintiendra ce système défaillant, encourageant la migration sans réelles conséquences en cas de non-respect de la règle ».
Pour Matthias Ecke (S&D, allemand), la meilleure façon de répondre aux défis est « de travailler ensemble, de mieux se parler entre services répressifs, mais ce n’est pas de lutter contre les migrants ».
« Nous devons avoir des règles plus strictes sur les armes à feu. Il faut empêcher la radicalisation des gens ici », a-t-il dit, accusant la droite allemande d’attiser « la haine » et de prendre le risque de radicaliser ces personnes.
« Nous voulons une politique migratoire qui fonctionne, une politique qui accueille » alors que la CDU allemande « veut des solutions universelles, qui ne sont pas compatibles avec l'UE ».
Le gouvernement allemand d’Olaf Scholz a rétabli, lundi 16 septembre, des contrôles à toutes ses frontières intérieures et pourrait expérimenter des refoulements à ces mêmes frontières pour les personnes étant enregistrées dans un autre pays membre, comme l’a demandé le chef de l’opposition conservatrice, Friedrich Merz. (Solenn Paulic)