Les députés européens ont soutenu, mardi 17 septembre, la nécessité de la paix en Ukraine, mais se sont montrés divisés sur les moyens d’y parvenir. Si les représentants du PPE, du S&D, de Renew Europe, des Verts/ALE et de l'ECR ont appelé à la poursuite, voire au renforcement de l’aide militaire, ceux de La Gauche, des PfE et de l'ESN ont mis en avant la diplomatie.
« Nous devons montrer notre détermination à faire tout ce qui est nécessaire pour que l’Ukraine gagne », a résumé Michael Gahler (PPE, allemand). Il a appelé à la levée de toutes les restrictions de l’utilisation des armes européennes sur le territoire russe. « On ne pourra pas fournir autant de 'Patriots' et de systèmes de défense pour avoir une couverture totale de l’Ukraine face à la volonté russe de détruire les infrastructures. Il est évident qu’il est mieux de s’attaquer du côté du lanceur que de travailler sur la défense », a-t-il ajouté.
« L’UE, les États membres et nos partenaires, dont l’OTAN, doivent renoulever et même renforcer les efforts », a ajouté, pour l'ECR, Adam Bielan (polonais).
Au nom, respectivement, de Renew Europe et du S&D, l’Autrichien Helmut Brandstätter et le Grec Yannis Maniatis ont souligné qu’il fallait aider l’Ukraine avec un soutien militaire et de l’aide humanitaire. « On ne peut pas autoriser la Hongrie, qui préside le Conseil de l’UE, à saper le soutien militaire », a dénoncé M. Maniatis, ajoutant que le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, ne devait pas se rendre à Moscou et devrait permettre le versement de paiement par la 'Facilité européenne pour la Paix'.
De son côté, Sergey Lagodinsky (Verts/ALE, allemand) a demandé l’intégration de l’Ukraine dans le programme de défense de l’UE « de manière à ce que l’Ukraine ne puisse pas être confrontée à de nouvelles attaques ».
Mais les groupes politiques à l’extrême droite et gauche de l’hémicycle ont, de leur côté, mis l’accent sur la diplomatie. Ainsi, pour Tamás Deutsch (PfE, hongrois), « la stratégie (européenne) a échoué, les dirigeants européens sont enlisés dans la guerre comme si c’était la guerre de l’UE. Nous devons sortir de cette position, nous avons versé énormément d’argent à l’Ukraine sans pour autant mettre fin à la guerre ». Il faut, selon lui, laisser la place à une autre pensée, « relancer le dialogue entre les parties. Les relations diplomatiques et un cessez-le-feu devraient être mis en place ».
Même son de cloche pour l’ESN. « Croire que l’Ukraine pourrait gagner de manière militaire est utopique et ne mène pas à la paix, mais à l’escalade », a estimé l’Allemand Hans Neuhoff. Il a ajouté qu’il fallait de la « diplomatie et des négociations », saluant l’initiative de M. Orbán.
« Plus d'armes et de munitions ne permettront pas à la guerre de prendre fin. La guerre signifie la mort, la souffrance, la dévastation, ce n’est pas sur le champ de bataille qu’il y a une solution. Au contraire », a plaidé sa compatriote de La Gauche Özlem Demirel, ajoutant qu’il fallait mener « une politique de détente, de paix ». (Camille-Cerise Gessant)