Les textiles sont l’une des principales sources de pollution par les PFAS en Europe, rappelle l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) dans une note d’information, mardi 17 septembre. Cette pollution intervient sur tout le cycle de vie d'un vêtement : de la fabrication du textile à sa fin de vie.
Les PFAS sont utilisés pour leur imperméabilité, leur protection contre l’huile, la saleté et la chaleur, ainsi que pour leur durabilité accrue, précise l'AEE. Mais les conséquences sur la santé et sur l’environnement sont telles que les alternatives existantes et évaluées dans le dossier pour une restriction universelle des PFAS, dans le cadre de REACH (EUROPE 13364/8), doivent être privilégiées « afin d’accroître leur recyclabilité et de favoriser la transition vers une économie plus circulaire ».
Car - et c'est là le paradoxe d'une meilleure circularité des vêtements - le recyclage peut accroître l'exposition aux PFAS. En particulier sur des vêtements produits avant l'interdiction de plusieurs PFAS dans les textiles au sein de l'UE, comme c'est le cas pour le SPFO, interdit depuis 2009, l'APFO (depuis 2020) et les PFNA et PFHxS (depuis 2023).
Enfin, puisque l'incinération, qui concerne « la plupart des déchets textiles dans l’UE », ne permet pas forcément d’éliminer correctement les PFAS, l'AEE explique qu'un meilleur suivi des substances préoccupantes permettrait de trier les vêtements. La mise en œuvre du règlement sur l'écoconception des produits durables (ESPR) aiderait. In fine, il s'agit, selon l'AEE, de « développer la capacité de détruire les PFAS à grande échelle dans l’UE ». (Florent Servia)