La Commission européenne doit absolument « reporter l'entrée en vigueur du règlement sur la lutte contre la déforestation et profiter de la période de transition pour réduire la bureaucratie induite par ce texte », a déclaré, jeudi 27 juin, l’eurodéputé Peter Liese (PPE, allemand).
« Il est inacceptable que des zones de la taille de onze terrains de football soient victimes de la déforestation chaque année. Cependant, le règlement a été transformé en un monstre bureaucratique par une majorité de verts, de sociaux-démocrates, de gauchistes et de libéraux français », poursuit M. Liese, qui met en exergue les difficultés attendues pour de nombreux petits agriculteurs dans le monde et même de petits propriétaires forestiers dans l'Union européenne.
En outre, les pays tiers se plaignent massivement de la législation, y compris les pays qui poursuivent le même objectif que nous, à savoir mettre fin à la déforestation, conclut-il.
Plusieurs pays de l'UE ont aussi demandé de suspendre l’application du règlement anti-déforestation (EUROPE 13404/5).
Le texte prévoit d’interdire à partir de 2025 l’importation dans l’UE de produits (huile de palme, viande bovine, soja, café...) dont la production a contribué à la dégradation des forêts.
Le porte-parole du PPE sur les questions d’environnement se réfère à une requête similaire des États-Unis pour souligner l’« urgence » de la situation.
L’administration Biden a envoyé une lettre à la Commission européenne jeudi 30 mai, selon le Financial Times, quelques jours après une déclaration commune de plusieurs pays membres de l’Organisation mondiale du commerce (le Brésil, l'Indonésie, l'Équateur, la Nouvelle-Zélande, l'Australie et donc les États-Unis), lors d’une réunion à Genève les 23 et 24 mai (EUROPE 13417/6). (Lionel Changeur avec Florent Servia)