Le président du Conseil européen, Charles Michel, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, ont signé, jeudi 27 juin à Bruxelles, les engagements conjoints de sécurité de l’Union européenne et de l’Ukraine.
« Les accords de sécurité avec l’Ukraine sont importants, car ils envoient le message que nous avons l’intention de soutenir l’Ukraine aussi longtemps que nécessaire. Nous voulons être opérationnels, nous voulons être concrets », a souligné M. Michel. « Nous nous engageons à continuer de fournir les armes, la formation militaire et l’aide dont l’Ukraine a besoin pour se défendre contre cette guerre d’agression et dissuader toute attaque future. Cela met en évidence que nous sommes là sur le long terme », a ajouté Mme von der Leyen.
Selon le document signé, non contraignant, « l'UE et ses États membres contribueront, sur le long terme et avec leurs partenaires, aux engagements en matière de sécurité envers l'Ukraine, ce qui aidera l'Ukraine à se défendre, à résister aux efforts de déstabilisation et à dissuader les actes d'agression à l'avenir ».
Les deux parties s’engagent d’ailleurs, « en cas d’agression future », à la demande de l’une ou de l’autre, de se consulter « dans les 24 heures » sur les besoins de l’Ukraine dans l’exercice de son droit de légitime défense. L'Union et ses États membres discuteront également de mesures supplémentaires visant à dissuader toute escalade militaire contre l'Ukraine.
Le document rappelle que « l'UE et ses États membres contribuent de manière cruciale à la sécurité et à la résilience immédiate et à long terme de l'Ukraine à travers une assistance militaire et civile, un soutien humanitaire, financier, commercial et économique, l'accueil de personnes déplacées, un soutien aux réformes, et au redressement et à la reconstruction ainsi qu'à travers des mesures restrictives, un soutien aux mécanismes de responsabilisation, un soutien diplomatique et une sensibilisation mondiale ». Ces soutiens sont les éléments repris dans les engagements de sécurité.
L’UE s’engage ainsi à une « fourniture prévisible, efficace, durable et à long terme d’équipements militaires ». Un soutien qui passe notamment par la 'Facilité européenne pour la Paix', y compris le 'Fonds d’assistance pour l’Ukraine'. Sept décisions sur cette Facilité, représentant 6,6 milliards d’euros de remboursement pour les États membres, sont toujours bloquées par la Hongrie, malgré la proposition de l’UE d’autoriser Budapest à ne pas y participer en échange de ne pas bloquer les décisions. Dans des conclusions adoptées plus tard dans la soirée, les dirigeants européens ont appelé Conseil à finaliser rapidement les travaux.
Devant ses homologues, M. Zelensky a de nouveau insisté sur l’importance d’aider militairement son pays. « Le soutien militaire, l'artillerie et les obus et la réalisation de toutes les promesses sont essentiels non seulement pour protéger les vies, mais aussi détruire l'illusion de la Russie qu’elle peut parvenir à quelque chose par la guerre », a-t-il souligné, ajoutant que chaque paquet d’aide annoncé devait être sur le champ de bataille « dès que possible ». Le président a aussi rappelé que les armements à longue portée – dont le pays a aussi besoin – avaient permis de ramener la sécurité à Kharkiv, grâce à la destruction des lanceurs de missiles russes postés à proximité de la frontière.
Mais cela ne suffit pas. Malgré le soutien militaire déjà apporté - 39 milliards selon le document -, « dans une situation comme celle-ci, cela ne suffit jamais », a reconnu le Premier ministre belge, Alexander de Croo. « Je comprends qu’il y a une volonté d’en faire toujours plus. Nous constatons beaucoup d'efforts, nous continuerons à faire mieux et plus vite », a-t-il promis.
L'UE et l'Ukraine entendent aussi favoriser une plus grande coopération entre leurs industries de défense et bénéficier mutuellement d'initiatives « permettant à l'Ukraine de participer à des achats communs et à l'industrie de défense ukrainienne d'être soutenue dans sa montée en puissance industrielle et de renforcer ses liens avec la base industrielle et technologique de défense européenne ». Elles reconnaissent aussi la nécessité d'accroître et de garantir la disponibilité en temps opportun des produits de défense en développant une base technologique et industrielle de défense européenne et ukrainienne plus réactive et plus résiliente, capable d'assurer la sécurité de l'approvisionnement.
L’UE promet en outre de continuer à assurer la formation des forces armées ukrainiennes et des autres forces de sécurité et de défense sous leur contrôle opérationnel, notamment par le biais de la mission d'assistance militaire de l'UE en soutien à l'Ukraine (EUMAM). « Les efforts de formation de l’UE devraient également contribuer à la réforme à long terme des forces armées ukrainiennes et du secteur ukrainien de la sécurité et de la défense », ajoute le document.
Parmi les engagements de sécurité plus large, les Européens promettent de soutenir les progrès de l’Ukraine dans son processus d’adhésion à l’UE et les réformes de Kiev. L’Union s’engage aussi à un soutien financier prévisible et à un soutien pour la reconstruction et la modernisation de l’Ukraine, et se dit prête à maintenir et imposer de nouvelles mesures contre la Russie.
Le même jour, M. Zelensky a signé un accord bilatéral de coopération de sécurité avec le président lituanien, Gitanas Nausėda, puis avec la Première ministre estonienne, Kaja Kallas. Avec ces nouveaux accords, 13 pays de l’UE ont signé des engagements de sécurité ou des documents du même type avec l’Ukraine (l'Allemagne, la France, le Danemark, l'Italie, les Pays-Bas, la Finlande, la Lettonie, la Lituanie, l'Estonie, l'Espagne, la Belgique, le Portugal et la Suède).
Voir le document : https://aeur.eu/f/cur et le conclusions du Conseil européen : https://aeur.eu/f/cva (Camille-Cerise Gessant, avec la rédaction)