La Commission européenne a publié, jeudi 27 juin, l'édition 2024 du rapport de performance sur la science, la recherche et l'innovation en Europe (R&I). Le rapport souligne que ces deux dernières années, les investissements de l'UE dans la R&I ont augmenté, mais le niveau d'investissement est encore loin de l’objectif européen de 3% du PIB dédié à la R&I.
Le rapport fait également état d'autres faiblesses et points forts de l’UE en matière de R&I. Il souligne ainsi notamment que l’UE est bien classée au niveau mondial en termes de production scientifique, dépassée seulement par la Chine. Elle détient une part mondiale de 10% des publications les plus citées.
Dans l'ensemble, la base de connaissances de l'UE se caractérise par un degré relativement plus élevé de diversification en innovation que celui d’autres innovateurs, sur le plan mondial. Cependant, l'UE est moins spécialisée dans les technologies clés de renforcement de la productivité par rapport à la Chine et aux États-Unis.
Au plan des investissements privés dans les entreprises innovantes, le rapport indique également que le marché du capital-risque en Europe est limité par rapport à d'autres régions du monde.
Le rapport met en évidence trois défis à relever pour la R&I en Europe. Tout d'abord, l’UE doit mieux exploiter ses écosystèmes de R&I. Par ailleurs, la fracture persiste en matière de performance en R&I à travers l'UE, entre l'Europe du Nord et de l'Ouest d'une part, où se concentrent les écosystèmes très innovants, et l'Europe du Sud et de l’Est d'autre part.
Un chapitre du rapport est également consacré à la recherche et au développement (R&D) en défense et sécurité. En 2022, l’UE a alloué 1,5% de son produit intéreur brut (PIB) aux dépenses en matière de défense et 0,4% de son PIB aux investissements dans la défense (équipements et R&D). Le rapport souligne que les investissements en défense sont surtout concentrés sur l’achat d’équipement plutôt que la R&D et que l'UE se concentre sur les derniers stades du développement des technologies de défense et non sur la recherche fondamentale et la phase de test des technologies.
Les auteurs du document recommandent, entre autres, de combler le fossé entre la R&D civile et militaire, pour que l'UE puisse exploiter pleinement le potentiel des technologies à double usage et maximiser le potentiel des investissements technologiques.
Lien vers le rapport : https://aeur.eu/f/cuc (Émilie Vanderhulst)