Les chefs d’État ou de gouvernement des pays de l'Union européenne ont appelé, jeudi 27 juin, la Commission européenne et le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères à présenter des options « élaborées » en matière de financement « public et privé » afin de renforcer la base technologique et industrielle de défense et de combler les lacunes critiques en matière de capacités.
La référence à des financements aussi bien publics que privés aurait été ajoutée par rapport aux projets de conclusions afin de contenter le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, et le chancelier allemand, Olaf Scholz.
Devant les médias, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a estimé le montant des besoins à 500 milliards d’euros sur 10 ans. Selon elle, près de 11 milliards d’euros sont disponibles dans le cadre financier pluriannuel 2021-2027 et près de 11 milliards d’euros dans la 'Facilité européenne pour la Paix'. Mais « plus d’argent est nécessaire », a-t-elle insisté.
La présidente a mis en avant la possibilité de contributions nationales supplémentaires ou un accord sur de nouvelles ressources au niveau de l’UE. « La proposition à ce sujet est sur la table du Conseil », a-t-elle ajouté.
Selon elle, une seconde question se pose : « Est-ce que les dirigeants font immédiatement appel à ces ressources ou vont-ils utiliser le pouvoir d'emprunt du budget de l'UE et faire appel à ces ressources plus tard? »
« Aucune de ces options n’est facile. Elles doivent toutes être examinées avec la volonté politique de décider quoi faire ensemble, mais elles doivent être étudiées sérieusement », a prévenu Mme von der Leyen.
Ainsi, si pour le Premier ministre grec, Kyriákos Mitsotákis, le renforcement de la capacité de défense de l’Europe ne peut pas se faire à partir des seuls budgets nationaux, d'après le Chancelier allemand, Olaf Scholz, selon les traités, l’UE ne sert pas à financer les projets d’armement et de défense. « On peut comprendre que des projets soient développés pour renforcer l’armement national, mais ce n’est pas une mission de l’UE, mais plus de l’OTAN », a-t-il prévenu.
Voir les conclusions du Conseil européen : https://aeur.eu/f/cva (Camille-Cerise Gessant avec la rédaction)