Un groupe de pays membres de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a appelé l'UE à retarder la mise en œuvre de son règlement sur la déforestation importée, lors d'une réunion à Genève les 23 et 24 mai. La demande est formulée à la fois par des pays en développement et des pays développés. Le Brésil, l'Indonésie, l'Équateur, mais aussi la Nouvelle-Zélande, l'Australie et les États-Unis font partie des demandeurs.
Le règlement fait l'objet de critiques à l'OMC depuis qu'il a été proposé par la Commission européenne en 2021. Le groupe de pays qui s'est exprimé pour le report du texte évoque notamment une confusion autour du système d'étiquetage pour l'origine des produits ou encore le temps restreint pour se mettre en conformité avec les règles.
Pour rappel, les importateurs d'huile de palme, de bétail, de soja, de café, de cacao, de bois, de caoutchouc ou de produits dérivés devront démontrer que leurs produits ne contribuent pas à la déforestation ou à la dégradation des forêts, et ce à partir du 30 décembre 2024.
La délégation européenne a tenté de rassurer les membres de l'OMC sur la mise en œuvre du règlement. « La classification des zones à haut risque et à bas risque se basera sur des données scientifiques et sur des sources internationalement reconnues », ont insisté les Européens à l'OMC. Et de rappeler qu'ils estiment que le texte est conforme aux règles de l'OMC.
L'UE a également évoqué l'existence d'instruments pour soutenir les pays affectés, dont un fonds de 7 millions d'euros pour aider les petits acteurs avec les exigences de géolocalisation et de traçabilité. (Léa Marchal)