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Bulletin Quotidien Europe N° 13417
ACTION EXTÉRIEURE / Proche-orient

Les ministres des Affaires étrangères plaident pour la tenue d'un Conseil d’association UE/Israël

Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a annoncé, lundi 27 mai, avoir obtenu l’accord des ministres pour proposer à Israël la tenue d’un Conseil d’association.

« Nous avons l'unanimité nécessaire pour convoquer un Conseil d'association avec Israël pour discuter la situation à Gaza, du respect des droits humains qu'Israël doit assumer en vertu de l’accord d’association et de la manière dont il prévoit de respecter la décision de la Cour internationale de justice », a-t-il affirmé à l’issue du Conseil, rappelant qu'un accord n'avait pas été possible lors du dernier Conseil. 

La décision de la Cour n'a pour l'instant aucun effet. Le Haut Représentant a appelé Israël à respecter l'arrêt de la Cour internationale de justice et à arrêter son offensive à Gaza. Il a dénoncé le fait qu’à peine le verdict rendu, le Hamas avait tiré des roquettes sur Israël et l’État hébreu intensifié son opération sur Gaza. Le Haut Représentant s’est dit « horrifié » par les nouvelles en provenance de Rafah selon lesquelles les frappes israéliennes ont tué une quarantaine de personnes, dont des enfants. « Il n’y a aucun endroit sûr à Gaza. Ces attaques doivent cesser immédiatement », a-t-il prévenu. « On ne peut pas défendre l’État de droit au niveau international sans soutenir les décisions de la CIJ », a rappelé M. Borrell tout en s'interrogeant sur les moyens que la communauté internationale peut mettre en œuvre pour faire respecter la décision.

Le Haut Représentant a aussi appelé à la fin du blocage du soutien financier pour l’Autorité palestinienne par Israël. « Cela pourrait tuer l’Autorité palestinienne par une asphyxie économique et financière », a prévenu M. Borrell. La veille, à Bruxelles, lors d’une réunion ministérielle, les partenaires internationaux de la Palestine, y compris l’UE, avaient estimé qu’il était nécessaire d’urgence que les politiques israéliennes qui portent atteinte à l’Autorité palestinienne et à l’économie palestinienne soient inversées et qu’il y ait un partenariat politique et économique renforcé entre les partenaires internationaux et l’Autorité palestinienne, y compris une aide financière accrue. « Aucun plan de soutien ne peut remplacer le transfert des impôts appartenant à l'Autorité palestinienne », avait prévenu M. Borrell.

Voir la déclaration : https://aeur.eu/f/ce1

M. Borrell a également appelé Israël à ne pas considérer l’UNRWA comme organisation terroriste, ce qui l’empêcherait d’agir à Gaza et en Cisjordanie. Il a par ailleurs annoncé que l'UE débourserait cette semaine une seconde tranche d'aide pour l'agence onusienne.

Relance d’EUBAM Rafah

Le Haut Représentant a également annoncé avoir reçu le feu vert des ministres pour la réactivation de la mission de l'Union européenne d'assistance à la frontière pour le point de passage de Rafah (EUBAM Rafah), qui « pourrait avoir un rôle utile au soutien du passage des personnes » et pour permettre de faire entrer de l'aide humanitaire. Cela devra être fait en accord avec l’Autorité palestinienne, Israël et l’Égypte, a ajouté M. Borrell. Selon lui, une mission de l’UE pourrait agir avec une neutralité suffisante pour être acceptée par toutes les parties. « Nous ne le ferons pas seuls, nous ne serons pas les sous-traitants de la sécurité à la frontière. (...) Nous le ferons avec une compréhension politique claire du rôle de l'Autorité palestinienne », a-t-il prévenu. Il a ajouté qu'il préparait les capacités pour le faire, si les conditions politiques sont réunies.

Créée en 2005, la mission est à l'arrêt depuis 2007 et l'arrivée au pouvoir à Gaza du Hamas

Renforcer la coopération internationale

Les ministres des Vingt-sept se sont en outre réunis avec leurs homologues du Qatar, de l’Arabie Saoudite, des Émirats arabes unis, de la Jordanie et de l’Égypte et le secrétaire général de la Ligue arabe pour discuter de la situation au Proche-Orient afin de mieux comprendre leur position et de voir comment renforcer la coopération, notamment sur la résolution politique du conflit et sur le soutien humanitaire aux Gazaouis.

Selon M. Borrell, les ministres des pays arabes ont suggéré la possibilité d’organiser une conférence internationale sur ce thème.

Et l'une des suggestions que les Arabes nous ont faites était d'envisager la possibilité d'une conférence internationale intitulée 'Comment mettre en œuvre la solution à deux États'. « Il ne s’agit plus de discuter de oui ou non une solution à deux États, mais de comment la mettre en œuvre », a expliqué M. Borrell. Selon le Haut Représentant, cette proposition de conférence pourrait être combinée avec la proposition du Conseil européen d’organiser une conférence internationale sur la paix.

La veille, à l’issue d’une réunion portant sur la solution à deux États, y compris la reconnaissance de l’État palestinien, le ministre des Affaires étrangères saoudien, Faisal bin Farhan Al Saud, avait rappelé que « la viabilité d’une solution à deux États était minée chaque jour, avait été minée depuis plusieurs années ». Selon lui, c'est pour cela que certaines mesures sont nécessaires. « Les reconnaissances bilatérales (de l’État de Palestine) ne sont pas juste symboliques, elles renforcent la viabilité de la solution à deux États », a-t-il ajouté.

De son côté, M. Borrell avait précisé que reconnaître l’État palestinien n’était pas « un cadeau pour le Hamas ». « Blâmer ces pays parce que c'est quelque chose qui pourrait être considéré comme un soutien au terrorisme ou comme représentant une approche antisémite, c'est complètement hors de propos », avait-il dénoncé. (Camille-Cerise Gessant)

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