Plusieurs ministres des Affaires étrangères d'États membres et le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, ont appelé la Géorgie, lundi 27 mai, à ne pas voter la loi sur la 'transparence de l’ingérence étrangère' (EUROPE 13410/10).
À l’issue du Conseil, le Haut Représentant a exhorté les autorités à retirer cette législation. Il a prévenu que si la loi était définitivement approuvée, l’UE envisagerait des mesures plus appropriées. Ces mesures pourraient être discutées lors du prochain Conseil, en juin. Lors d’une courte discussion à huis clos entre ministres, la Commission européenne a confirmé que la loi ne respectait pas 3 des 9 recommandations mises en avant pour que la Géorgie avance sur la voie européenne.
« Il faut montrer la voie à suivre et dire que nous suivons cela de très près et que nous prendrons nos mesures, si nécessaire, car le rapprochement avec l'UE n'est pas une voie à sens unique. Tout cela peut être inversé, si l’on a le sentiment que l’État va dans la mauvaise direction », avait prévenu le ministre autrichien, Alexander Schallenberg, à son arrivée.
Son homologue lituanien, Gabrielius Landsbergis, avait menacé de retirer le statut de candidat au pays. Selon lui, en cas d’adoption de la loi « la Géorgie ne pourra plus continuer sur la voie de l’UE ». Il rappelé que des conditions avaient été posées pour l’obtention de ce statut et que si elles n’étaient pas respectées, il n’y avait plus de statut de candidat.
Le ministre estonien, Margus Tsahkna, quant à lui, a expliqué qu’il était possible de suspendre le régime de libéralisation des visas.
À l'inverse, le ministre hongrois, Péter Szijjártó, a défendu la Géorgie contre les critiques, affirmant le soutien de son pays à l'intégration européenne de la Géorgie lors de la prochaine Présidence hongroise du Conseil de l’UE, a expliqué le porte-parole hongrois Zoltan Kovacs. (Camille-Cerise Gessant)