À l'occasion de la huitième conférence 'Soutenir l'avenir de la Syrie et de la région', l'Union européenne a annoncé, lundi 27 mai, s'être engagée à un soutien financier de 2,12 milliards d'euros en 2024 et 2025 en faveur des Syriens, plongés dans une guerre civile dévastatrice depuis treize ans.
Cette aide soutiendra à la fois les Syriens en Syrie et les réfugiés dans les pays voisins, ainsi que leurs communautés d'accueil en Turquie, au Liban, en Jordanie et en Irak.
Le montant total dégagé par la communauté internationale à l'occasion de la conférence de lundi s'élève à 7,5 milliards d'euros (5 milliards de subventions et 2,5 milliards de prêts).
Selon le Haut Représentant de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, le conflit a provoqué l'exode de 7 millions de réfugiés syriens et la situation est pire qu'un an auparavant (EUROPE 13199/16).
Près de 13 millions de personnes bataillent pour s’alimenter, selon le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, qui a souligné, dans un message vidéo adressé aux participants, lundi, l'importance d'une solution politique globale et crédible au conflit syrien, conformément à la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies.
Les ministres des Affaires étrangères de plusieurs pays arabes ont alerté sur les conséquences humanitaires et sécuritaires en cas de non-résolution du conflit syrien et de non-rapatriement des déplacés.
« 200 000 enfants syriens sont à la frontière jordanienne. Ils ont besoin d’écoles, d’universités. Sans davantage de soutien, nous ne serons pas en mesure d’aller plus loin », a averti le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman al-Safadi, déclarant que les bailleurs de fonds devaient se montrer « à la hauteur ».
« S’ils ne peuvent vivre une vie digne dans la région, ils se lanceront dans la voie migratoire », a-t-il ajouté, évoquant la « crise migratoire de l’Europe ».
« La propagation de la misère est exploitée par des organisations terroristes. (...) Nous sommes convaincus que la crise syrienne jette une ombre sur nos peuples », a déclaré le ministre des Affaires étrangères d'Irak, Fuad Hussein.
Le ministre libanais des Affaires étrangères, Abdallah Bouhabi, a évoqué « un point de non-retour en matière d’accueil des réfugiés syriens » au Liban. (Bernard Denuit)