Dans un document daté du 21 mai et présenté à la presse lundi 27, les quatre pays du 'Club de l'innovation' - l'Allemagne, l'Estonie, la Lituanie et la Lettonie - détaillent leur vision du prochain agenda numérique européen pour les cinq années à venir.
Les quatre pays plaident pour une réduction de la charge administrative et une plus grande liberté laissée au marché. Sous le titre Make it simple, ce document est présenté comme un catalogue de demandes faites à la future Commission européenne.
Les signataires souhaitent désormais que la priorité soit donnée à la mise en œuvre des régulations et à la création d'un environnement propice à l'innovation, tout en réduisant la charge et les coûts qui pèsent sur les entreprises.
Données, infrastructures et innovation
Sur ce dernier point, le document est très clair : l'UE doit absolument tenir ses engagements de réduction de 25% du 'reporting'. Les signataires évoquent aussi d'autres pistes pour diminuer ce 'fardeau régulatoire' : utiliser pleinement et systématiquement les outils d'évaluation des législations, mieux étudier l'impact des différents actes délégués pris par la Commission, continuer de développer les points d'information destinés aux entreprises en y intégrant l'intelligence artificielle ou encore favoriser la circulation des données à travers l'interopérabilité.
Volker Wissing, ministre allemand du Numérique et des Transports, estime que la régulation étatique « ne devrait intervenir que pour mettre en place des conditions favorables à la concurrence et à l'expansion ».
En second lieu, les pays proposent des pistes pour que l'UE se dote d'une infrastructure numérique « de haut niveau », résiliente et prête à soutenir les efforts de développement engagés. Ils citent la possibilité de mettre en place un cadre législatif européen pour la connectivité numérique et appuient le 'Livre blanc des Télécomunications' sur la question de la sécurité des câbles sous-marins (EUROPE 13355/8).
Le document pose l'ambition de voir l'Europe devenir « une économie des données », avec un objectif de 10% du PIB qui en proviendrait d'ici 2030.
Les signataires appellent à développer l'initiative de l'Espace européen commun des données (European Data Space) et à reconnaître et intégrer les technologies d'amélioration de la protection de la vie privée (PET) pour permettre la réutilisation des données sensibles et personnelles.
De même, ils appellent à la mise en place de « bacs à sable » réglementaires et technologiques pour les entreprises et le secteur public, pour tester des technologies « innovantes et basées sur les données dans un environnement réel. »
Enfin, les quatre pays souhaitent voir une 'standardisation' avancée des normes au niveau européen afin d'éviter une fragmentation néfaste pour l'innovation.
« Face à une concurrence mondiale féroce, nous comprenons désormais que seules les économies qui s'adaptent le plus, dotées des conditions les plus favorables, récolteront les fruits de l'évolution technologique et numérique », a insisté Inga Bērziņa, la ministre lettone du Développement et de l'Environnement.
Tout en approuvant pleinement les conclusions du Conseil du 21 mai sur l'avenir de la politique numérique de l'UE (EUROPE 13413/7), le 'Club de l'innovation' reconnaît que ces conclusions ne couvrent pas tous les domaines méritant une attention particulière et veut donc y adosser ses recommandations.
Voir le document : https://aeur.eu/f/cdy (Isalia Stieffatre)