La Banque centrale européenne (BCE) a publié, mardi 25 juin, sa deuxième série d'informations sur l'empreinte carbone des actifs détenus par l’Eurosystème à des fins de politique monétaire et pour les réserves de change de la BCE. Le document fournit des informations sur le degré d'exposition aux risques climatiques des différents actifs, les aspects de gouvernance et de stratégie. Les déclarations ont été étendues à près de 99,7% des avoirs détenus aux fins de politique monétaire de l’Eurosystème, à l'exclusion des titres adossés à des actifs (ABS).
Pour la BCE, le rapport indique une diminution des émissions carbone associées aux portefeuilles d'actifs des entreprises de l'Eurosystème, en grande partie parce que les émetteurs de titres atteignent de meilleures performances climatiques.
La BCE estime également que le mécanisme de l’Eurosystème visant à orienter les réinvestissements vers des émetteurs présentant de meilleures performances climatiques ('tilting mechanism') a joué un rôle significatif dans la réduction des émissions liées aux actifs des entreprises dans les portefeuilles de politique monétaire en 2022 et 2023. Elle attribue à ce mécanisme un cinquième de la réduction totale des émissions en 2022 et 2023.
Avec la fin des réinvestissements dans le cadre du programme d'achats d'actifs APP (EUROPE 13202/6) et la réduction des avoirs en titres dans le cadre du programme PEPP d’achats d’actifs durant la pandémie de Covid-19 (EUROPE 13425/1), le mécanisme perdra de facto son effectivité. La BCE explore donc des pistes pour poursuivre le verdissement de son portefeuille (EUROPE 13175/9).
Dans ce contexte, la BCE a annoncé que le Conseil des gouverneurs envisageait de fixer des objectifs intermédiaires de réduction des émissions pour les portefeuilles d'entreprises dans le cadre de l'APP et du PEPP, qui seraient, à ce stade, utilisés à des fins de contrôle en interne de la trajectoire de réduction des émissions du secteur privé.
Cependant, la BCE n'exclut pas d'évaluer des mesures correctives au cas par cas, si des écarts par rapport à la trajectoire souhaitée étaient identifiés.
Par ailleurs, les obligations souveraines de la zone euro détenues dans le cadre du PSPP et du PEPP représentent une part importante de l'exposition des portefeuilles aux risques climatiques.
La BCE estime notamment que la réduction des émissions liées aux obligations souveraines dépend principalement des gouvernements et de la réalisation de leurs engagements au titre de l'Accord de Paris.
Plus d'informations : https://aeur.eu/f/csy (Émilie Vanderhulst)