La question de l’acheminement de l’aide humanitaire vers la bande de Gaza était une nouvelle fois sur la table des ministres européens des Affaires étrangères, réunis lundi 24 juin à Luxembourg.
Estimant que seul un cessez-le-feu pouvait garantir une assistance humanitaire aux civils, le Haut Représentant de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a réitéré son soutien au plan de paix en trois phases suggéré par le président américain, Joe Biden (EUROPE 13422/11).
« L'aide s'entasse hors des frontières, certaines marchandises périssent, elles seront détruites, inutilisées, perdues. Mais l'important n'est pas la valeur financière des choses qui seront perdues, mais le fait qu'elles ne peuvent pas entrer à [Gaza]. Et si elles entrent à [Gaza], il n'est pas possible de les distribuer en raison de l'absence de toute forme d'organisation », a déploré M. Borrell lundi. Et d'ajouter : « La société civile est en train de s'effondrer ».
Dimanche 23 juin, M. Borrell et le commissaire européen à la Gestion des crises, Janez Lenarčič, avaient déjà fait part, dans une déclaration commune qualifiée de « cri d’alarme », de leur profonde préoccupation face à « l'effondrement de la loi et de l'ordre à Gaza », indiquant que les partenaires humanitaires de l’Union européenne opéraient dans un environnement « inacceptable et dangereux ».
« L'annonce de ‘pauses tactiques’ temporaires (EUROPE 13433/29) pour l'acheminement de l'aide humanitaire n'a pas entraîné d'amélioration de l'environnement sécuritaire pour les acteurs humanitaires sur le terrain », avaient-ils ajouté. (Bernard Denuit)