Le parti paneuropéen Volt a annoncé, lundi 24 juin, que ses cinq nouveaux eurodéputés (trois allemands et deux néerlandais) rejoindront le groupe des Verts/Alliance libre européenne (Verts/ALE) au Parlement européen. Cette décision résulte de négociations entamées au lendemain des élections européennes, tant avec les écologistes qu’avec les libéraux de Renew Europe.
Bien que les deux groupes aient offert aux élus de Volt la possibilité de travailler au sein des commissions souhaitées, ces derniers avaient appelé au maintien dans le groupe des Verts/ALE (EUROPE 13436/27). Un vote interne des membres de Volt à travers l'Europe, qui s’est tenu du 20 au 24 juin, a confirmé cette affiliation avec un soutien de 87%.
L'Allemand Damian Boeselager, jusqu’alors seul élu du parti, a exprimé sa satisfaction quant à cette décision, évoquant l'alignement des Verts/ALE avec la mission de Volt : réformer l'UE, adopter des politiques migratoires humaines, promouvoir une économie compétitive, atteindre la neutralité climatique et garantir la justice sociale. Bien que Volt ambitionne de constituer un jour un groupe indépendant, M. Boeselager a rappelé l'importance stratégique de cette alliance pour renforcer la majorité démocratique pro-européenne et protéger le ‘Pacte vert européen’.
Lors d’une conférence de presse qui s’est tenue ce lundi, il a témoigné de sa collaboration positive avec les Verts/ALE au cours de la dernière législature : « J'ai eu une excellente expérience ».
Les coprésidents écologistes, Terry Reintke (allemande) et Bas Eickhout (néerlandais), ont exprimé eux aussi leur enthousiasme quant à la poursuite de cette coopération.
Mme Reintke a insisté sur l'importance de former une majorité démocratique pro-européenne pour contrer l'influence croissante des mouvements populistes de droite, à l’heure où se poursuivent les négociations pour la composition de la prochaine Commission. « Malgré le fait que nous soyons évidemment des partis politiques différents, nous partageons beaucoup de points de vue sur l'avenir de l'Europe et c'est une chose pour laquelle nous avons travaillé ensemble au cours des cinq dernières années et sur laquelle nous continuerons à travailler », a-t-elle affirmé.
Ces propos ont été corroborés par Reinier van Lanschot, coprésident de Volt aux côtés de Francesca Romana D’Antuono, qui a ajouté que la crédibilité des Verts/ALE dans la lutte contre le populisme nationaliste de droite a été un facteur déterminant dans la décision.
« Nous avons examiné dans quel groupe nous pourrions travailler sur nos promesses de campagne, notamment la réforme de l'UE, une société plus juste et une économie neutre en carbone », a affirmé Anna Strolenberg (néerlandaise), abondant en ce sens.
Et pour cause, en réponse aux questions sur les négociations avec Ursula von der Leyen, en bonne position pour conserver son poste de Présidente de la Commission, Terry Reintke a été claire : « Il n'y a pas de coopération avec l'extrême droite dans cette majorité. La continuation du ‘Pacte vert européen’, le renforcement de l’État de droit, la liberté et le rôle de l’Europe en tant qu'acteur géopolitique seront des questions majeures pour nous ».
« Le PPE peut avoir besoin de nous pour sa majorité. S'ils veulent changer de cap et commencer à travailler avec l'extrême droite, cela aura des conséquences pour l'ensemble du programme », a confirmé Bas Eickhout. (Nithya Paquiry)