Dans son cinquième Avis publié lundi 24 juin, le Comité consultatif de la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales (FCNM) « exhorte la Bosnie-Herzégovine à prendre en compte les tendances alarmantes et à s’attaquer aux problèmes persistants concernant les 17 minorités nationales enregistrées dans le pays ».
Les experts du Conseil de l’Europe font le constat d’une « société profondément divisée selon des critères ethniques, ce qui exacerbe les hostilités politiques et rhétoriques entre les peuples qui la composent, à savoir les Bosniaques, les Serbes et les Croates ».
Une division, ajoutent-ils, qui entrave le développement global du pays.
Ces discriminations sont particulièrement criantes dans le système éducatif (écoles séparées, refus d’aborder la guerre des années 1990, ce qui entrave les efforts de réconciliation nationale, etc.) ainsi qu’au niveau de la participation politique et de l’accès aux fonctions publiques, domaine où les décisions de la Cour européenne des droits de l’homme ne sont toujours pas appliquées, ce qui érode la confiance dans les institutions démocratiques et la gouvernance.
L’absence de soutien aux langues minoritaires est également dénoncée, de même que les discriminations persistantes à l’égard des Roms, qui constituent la minorité nationale la plus importante.
L’émigration, qui reste un défi majeur pour le pays, touche les minorités nationales de manière disproportionnée est-il ajouté.
Une série de recommandations concernant ces différents domaines accompagnent le rapport.
Par ailleurs, un recensement complet est demandé afin d’évaluer plus précisément la composition démographique du pays et les besoins des minorités.
Lien vers l'Avis : https://aeur.eu/f/cs8 (Véronique Leblanc)