Les ministres des Affaires étrangères des pays de l'Union européenne ont discuté, lundi 24 juin, des mesures qu’ils pourraient prendre en réaction au recul de la Géorgie dans sa voie européenne, et dont certaines pourraient être prises immédiatement, a prévenu le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell.
À l’issue du Conseil 'Affaires étrangères', M. Borrell a expliqué que, selon tous les États membres, hormis la Hongrie, la 'loi sur la transparence de l’influence étrangère' éloignait la Georgie de l’UE. Or, ces initiatives du gouvernement heurtent la volonté de la grande majorité de la population, a-t-il noté.
« La porte de l’adhésion de la Géorgie à l’Union européenne est ouverte. Mais si le gouvernement continue sur la même voie, continue à faire ce qu’il fait, cette porte sera fermée. Et le peuple géorgien en paiera les conséquences, subira le fait que la perspective européenne sera diminuée, voire annulée », a prévenu le Haut Représentant de l’UE.
« Il n’y aura pas de pas en avant vers l’UE si le gouvernement ne recule pas sur la loi sur la transparence de l’influence étrangère », avait expliqué, plus tôt, le ministre estonien, Margus Tsahkna.
Le Haut Représentant a expliqué que des mesures pouvaient être prises, tout en précisant qu’il ne voulait pas affecter les civils. « Si nécessaire, nous allons baisser le niveau de représentation et de contacts politiques, geler l’assistance financière et reconsidérer le soutien via la 'Facilité européenne pour la Paix' », a-t-il détaillé, ajoutant que ces mesures ne nécessitaient pas l’unanimité des États membres. « Cela peut être fait immédiatement, mais on peut continuer à observer la situation et prendre des mesures en cas de détérioration » ultérieure, a ajouté M. Borrell. L'UE pourrait aussi renforcer son soutien envers la société civile et les médias et renforcer la lutte contre la désinformation visant l'Union.
La ministre finlandaise, Elina Valtonen, et M. Tsahkna ont proposé de rendre plus compliquée la venue dans l’UE de responsables géorgiens.
La situation en Géorgie sera discutée par les dirigeants européens jeudi 27 et vendredi 28 juin. Selon un projet de conclusions qu'a obtenu Agence Europe, le Conseil européen devrait exprimer sa « vive préoccupation » face aux récents développements et estimer que la loi adoptée sur la transparence de l’influence étrangère « représente un retour en arrière par rapport aux étapes énoncées dans la recommandation de la Commission concernant le statut de candidat ». « Le Conseil européen appelle les autorités géorgiennes à clarifier leurs intentions en revenant sur la ligne d'action actuelle qui met en danger la voie de la Géorgie vers l'UE », précise le projet de texte.
Voir le projet de conclusions : https://aeur.eu/f/csf (Camille-Cerise Gessant avec Mathieu Bion)